Trolltunga ou « La langue du troll »

Derniers jours, dernières découvertes, dernier trek, derniers pas dans la nature. Pour notre ultime semaine en Norvège, nous avons décidé de changer d’ambiance par rapport à Rondane et Jotunheimen. Notre choix se porte sur un nouveau trek autour du Trolltunga, un lieu mythique, mais bien plus populaire, comme on en trouve quelques uns en Norvège.

Avec un rocher aux allures de menhirs d’Obelix qui surplombe le fjord sur le quel il est posé, le Trolltunga est sans doute l’un des lieux les plus photographiés et photogéniques de toute la Scandinavie. A titre d’exemple, le hashtag #trolltunga recense 153k publications sur Instagram. L’attrait pour ces photographies génère un afflux touristique rarement observable en Norvège. Certains locaux nous ont affirmé qu’aux périodes de fortes affluences, il était parfois nécessaire d’attendre en ligne plus de deux heures pour une photographie dont le temps de pose ne dépasse pas les trente secondes.

Autre élément à prendre en compte, il est possible de se rendre sur le fameux rocher, de prendre une photo, et de rentrer à la maison, en une journée. Des parkings sont situés de l’autre côté du fjord, à une quinzaine de kilomètres du site (soit dix heures de marche aller-retour environ). Ainsi, la facilité d’accès a rendu le lieu d’autant plus populaire. Enfin bref, pour nous, ce sera un trek de quatre jours, parce qu’on essaie de ne pas être des touristes comme les autres.

Itinéraire

📅 4 jours
🥾 37 kils
🏔 2040 D+ / 1315 D-
📍 De la gare de bus d’Odda au parking du lac Vetlavatnet

🚌 La ville d’Odda, principale point de chute pour se rendre au rocher du Trolltunga se situe à un peu moins de 150 kils au sud est de Bergen. Via les applications EnTur ou Skyss, il est facile de trouver des billets pour s’y rendre. A l’aller, nous avons choisi trois heures de bus sans changement en partance de la gare de bus de Bergen. Au retour, nous avons préféré mixer bus et ferry pour environ quatre heures au total (parce que le bateau dans les fjords c’est quand même joli).

Pour information, les coordonnées GPS fournies dans ce billet sont approximatives. N’ayant pas l’équipement adéquat, nous nous sommes contentés d’une carte et d’une boussole seulement pour les obtenir. N’hésitez pas à copier/coller les coordonnées dans Google Maps si vous désirez vous y rendre !

💡 Les liens utiles :

  1. Les infos sur le Trolltunga
  2. Préparer sa randonnée

📅 Jour 1

🥾 3 kils
🏔 1120 D+ / 0 D-
📍 De la gare de bus d’Odda à 60.07411, 6.58353

Il est presque midi alors que nous montons dans le bus qui dessert Odda, ville étape pour les marcheurs qui désirent se rendre au Trolltunga. Trois heures nous séparent de Bergen, où nous avons passé la nuit, de notre destination. Pile le temps nécessaire à la préparation psychologique dont nous avons besoin pour ce qui nous attend à Odda : 1000 mètres de D+ sur 2 kilomètres ! Pour les matheux, on notera que 1000 mètres de D+ divisés par 2000 mètres de marche, multipliés par 100 correspond à une pente à 50 %… Au top !

La montre affiche 15.00 quand nous posons le pied à Odda. Notre première mission : trouver un repas. Nous avions lu un blog quelques jours auparavant qui adressait des louanges aux repas « traiteurs » des supermarchés. Avec un Spar en vue, nous ne perdons pas de temps : nous offrons à notre estomac d’excellentes cuisses de poulet marinées dans une sauce paprika, accompagnées d’un gratin dauphinois tout juste sorti du four. En conclusion, même si nos doigts sentiront le paprika pendant 48 heures, nous recommandons les « traiteurs » des supermarchés norvégiens !

A la suite de ce repas, il est temps de prendre la route. Il est plus de 16.00 et nous avons une belle montée qui nous attend pour la digestion. Au fur et à mesure de notre ascension, différents paysages s’offrent à nous. Sur les 150 premiers mètres de dénivelé, nous restons en ville. Nous traversons notamment un lotissement très sinueux où les routes forment des lacets qui donneraient probablement du fil à retordre aux coureurs du Tour de France. Les habitations du quartier se ressemblent. L’armature des maisons en bois peints de couleurs vives et variées sont très typiques. Pas de photos malheureusement, j’ai trop chaud et surtout, j’ai encore les doigts gras du poulet d’il y a une heure.

Sur les 600 mètres de dénivelé qui suivent, nous traversons une grande forêt de pins noirs. Il y fait sombre, frais, et le silence règne. Nous nous octroyons des pauses régulières pour reprendre notre souffle, mais surtout pour tenter d’apercevoir des lynx (que nous ne verrons jamais, sauf sur Google Image). Enfin, les derniers mètres de dénivelé nous emmènent sur des paysages proches de ceux que l’on a pu côtoyer lors de nos précédents treks. De grands espace, de la toundra, et une vue imprenable sur le monde qui nous entoure.

Épuisés par la montée, nous ne tardons pas à monter la tente sur une immense pleine dont la toile de fond n’est ni plus ni moins l’un des plus grands glaciers du pays : Buarbreen. Il est 22.00, nous tombons peu à peu dans les bras de Morphée.

Vallée Odda

📅 Jour 2

🥾 4 kils
🏔 340 D+ / 460 D-
📍 De 60.07411, 6.58353 au refuge de Mosdalsbu

Le réveil se fait en douceur. Il est 08.00 et le soleil commence à chauffer le nylon de la tente. Nos sacs de couchage sont recouverts par la rosée. Nous avions décidé de dormir les portes de la tente ouvertes pour profiter d’un ciel étoilé… sans penser à l’humidité des douces nuits norvégiennes.

Après avoir replié nos affaires, nous reprenons l’ascension entreprise la veille. Il ne nous reste que quelques centaines de D+ pour atteindre le Møyfallsnuten, l’un des sommets les plus hauts du secteur, à 1466 mètres. La modification des paysages se poursuit jusqu’au sommet. La toundra dans laquelle nous dormions disparaît peu à peu, pour laisser place à un environnement rocailleux, semblables à ceux que l’on a pu rencontré sur d’autres sentiers.

Au sommet, nous profitons d’une pause pour nous ressourcer. Niveau nutritif, quelques barres de céréales font l’affaire. Niveau spirituel, nous préférons nous concentrer sur le paysage qui nous entoure : au plus loin, le glacier de Buarbreen qui ne nous quitte plus depuis notre départ ; au plus proche, ces roches, froides et sans vie, qui recouvrent entierement le sol ; entre les deux, le fjord d’Odda, qui, depuis 1466 mètres de hauteur, paraît minuscule. Le silence est majestueux ici. Comme seule pollution sonore, un vent qui souffle et quelques corbeaux à la recherche de nourriture.

Soudain, de derrière un rocher, apparaît une locale. Elle devait être ici avant nous et avait sans doute cherché à s’abriter du vent. Dans un anglais approximatif, elle nous parle du Buarbreen et des aventuriers allemands qui, il y a un siècle, se lançaient comme défi sa traversée en autonomie. Elle nous explique aussi que leurs exploits ont permis à la ville d’Odda de développer ses activités touristiques, aujourd’hui majoritairement tournées autour du Trolltunga. Enfin, elle nous évoque le chalet dans lequel elle a passé la nuit. Il s’agit du chalet de Mosdalsbu, tenu par le DNT (équivalent de la FFR à n Norvège). Intrigués par cette dernière information, nous reprenons la route en direction de ce fameux chalet qui se trouve être sur notre route.

Nous y arrivons en début d’après midi. Le chalet de Mosdalsbu est situé au bord du lac Mosdalsvatnet. Il est entièrement auto géré. Autrement dit, pas de réservation, pas de réception, pas d’électricité, pas d’eau courante (la lampe que l’on aperçoit sur la photographie du chalet est branchée sur un panneau photovoltaïque qui ne fonctionne pas). Si l’on souhaite y passer la nuit, il suffit de remplir un formulaire, d’y inscrire son numéro de carte bancaire, et de glisser le tout dans une boîte sécurisée. Aussi, des vivres sont à disposition. On y trouve principalement de la nourriture en boite, plus facile à conserver. Si l’on en consomme, il faut indiquer chaque consommation dans le fameux formulaire à glisser dans la boîte sécurisée.

Alors que nous comptions nous y installer pour le déjeuner uniquement, nous y restons finalement toute l’après-midi. Le chalet est plus qu’accueillant. En passant le pas de porte, l’odeur du bois avec lequel le chalet est construit s’empare de nos narines. Un régal. Le chalet est très simplement pensé : une seule et grande pièce avec 6 couchages en lits superposés, une grande table, des bancs, un poêle, une cuisine, et quelques rangements. On s’y sent bien.

Pour vivre pleinement l’expérience, nous partons chercher de l’eau directement au lac pour la cuisine et la vaisselle. Concernant la toilette, une baignade dans une eau qui ne doit pas dépasser les 10 degrés s’impose. Je partagerai des photos dans un autre billet, interdit aux mineurs.

Nous passons la soirée à parcourir les livres norvégiens qui sont rangés sur une étagère. Nous ne comprenons rien aux textes, mais les photos qui illustrent les pages nous suffisent. Il est 23.30, la bougie qui nous éclaire vient de se consumer. Il est temps d’aller dormir.

📅 Jour 3

🥾 16 kils
🏔 480 D+ / 110 D-
📍 Du refuge de Mosdalsbu au Trolltunga

La nuit que nous venons de passer a probablement été la nuit la plus agréable et reposante depuis le début de notre séjour. Un chalet, un matelas douillet, et surtout, un réveil au sec. Au top. Le petit déjeuner reste dans les mêmes standards : du café, et un bon muesli probablement laissé ici par des marcheurs de l’est (la liste des ingrédients est rédigée en alphabet russe).

Malgré ce confort encore dont nous ne serions pas privés pour une seconde nuit, nous devons reprendre la route. Notre petite étape de la veille implique une marche plus longue pour cette nouvelle journée. En mettant les pieds dehors, nous faisons face à une énorme vague de brume qui provient de la condensation de l’eau du lac. Si la visibilité à la sortie du chalet est très limitée, elle s’améliore largement après une bonne centaine de mètres de D+.

Les paysages que nous croisons sont peu variés et restent principalement rocailleux. Il y a plusieurs lacs, aux eaux parfois aussi transparentes que les eaux des Caraïbes. Nous croisons aussi un couple de suisses allemands, forts sympathiques. Et sans le savoir, nos quelques échanges à propos de nos origines, de la rando, ou encore de la manière dont nous avons préparé notre sac, nous rendra bien service quand il s’agira de regagner Odda.

Vers midi, nous décidons de nous arrêter au bord du lac Langavatnet. Une pseudo vestige de cabane trône sur une colline qui surplombe le lac. Un parfait endroit pour déjeuner. Nous comprenons rapidement que le lac est en partie artificiel puisqu’un barrage se trouve à quelques mètres de nous. Néanmoins, le spot reste très paisible et franchement agréable. Le vue sur le lac, accompagnée d’un silence dont les églises seraient jalouses, permet d’apprécier pleinement cette pause majestueuse.

Nous reprenons la marche le ventre plein, ce qui clairement, fait du bien. La chaleur est revenue, la sueur aussi. Nous reprenons un peu de dénivelé, à travers diverses masses rocheuses et plateau de toundra. Pas désagréable en soi.

Nos atteignons le Trolltunga en fin de journée. Sur place, nous sentons déjà la ferveur touristique. En l’espace de quelques minutes, nous croisons plus de personnes que sur les trois derniers jours. Nous prenons le soin de trouver le parfait emplacement pour installer notre camp. Face au fjord bien évidemment, mais à 50 mètres d’autres marcheurs venus passés la soirée. Le Trolltunga est, rappelons-le, l’un des lieux les plus photographiés et photogéniques de toute la Scandinavie. Malgré la beauté du paysage, la réputation du Trolltunga implique quelques compromis : un bivouac qui n’est finalement pas aussi sauvage qu’espéré, des voisins dont les enceintes balancent de la techno un peu contre nature, ou quelques déchets qui nous rappellent qu’il est parfois plus compliqué de transporter son paquet de cigarettes vide jusqu’à la poubelle plutôt que de le laisser tomber au sol…

En journée, nous avons entendu dire qu’il était parfois nécessaire d’attendre dans une queue de 2 heures pour prendre 30 secondes de pose en vue d’alimenter son fil Instagram. En soirée, c’est différent. Les 2 heures se transforment en 10 minutes. Toutefois, le résultat reste le même. Des photos parfois délirantes sur ce fameux rocher qui, quoi qu’on en dise, demeure magique.

Il est maintenant un peu plus de 21.00. Pour la dernière fois en Norvège, nous observons le coucher de soleil. C’est beau. Mais maintenant il fait froid, il s’agirait d’aller se coucher.

📅 Jour 4

🥾 14 kils
🏔 100 D+ / 745 D-
📍 Du Trolltunga au parking du lac Vetlavatnet

La nuit a été fraîche et mouvementée. Nos voisins passionnés de musique techno ont dansé comme des dieux jusque bout de la nuit. Ou plutôt jusqu’au moment où Jeanne s’est levée pour aller gueuler. Il est quand même triste de voyager à l’autre bout du monde, de s’installer face à un paysage aussi pur, pour écouter la même musique que celle jouée dans la discothèque ringarde de chez soi…

Enfin bref, il est presque 10.00 quand, pour la dernière fois, nous plions notre camp. Petite larme aux yeux. Nous reprenons la route en direction du parking du lac Vetlavatnet, où nous pourrons (1) prendre un bus pour rentrer à Odda, ou (2) faire du stop si nous trouvons des âmes charitables.

Avant de quitter définitivement les lieux, nous nous arrêtons à nouveau au rocher du Trolltunga. Il est cette fois 10.00. La fameuse queue de 2 heures commence à se former. Au loin, sur le sentier que nous allons emprunter pour rentrer, on peut apercevoir des dizaines et dizaines de touristes marchant en fil indienne. Tous les âges, tous les genres, et toutes les nationalités sont présentes. Au total, on compte facilement une centaine de touristes, et peut être déjà une bonne demie heure de queue pour la photo, soit trois fois plus long que nos 10 minutes d’attente la veille…

Le chemin du retour est assez simple. Majoritairement en D-, nous ne mettons que 3 heures pour atteindre le parking. Sur une bonne partie du sentier, nous longeons le lac Ringedalsvatnet. D’ici, le lac doit se situer à un peu moins d’un kil de hauteur. Entre la brume qui peine à se lever et le soleil qui vient éclairer l’ensemble de la vallée, le paysage reste fidèle aux paysages que l’on a rencontré jusqu’ici.

Aussi, il est plutôt distrayant d’observer les touristes que l’on croise, et qui ont probablement choisi de faire l’aller-retour dans la journée. Certains sont en tongs, sans eau ni nourriture (la meilleure solution pour marcher 28 kils en une journée, sans aucun doute), d’autres sont en tenue de trails. Certains sont locaux, d’autres viennent d’Asie, comme ce groupe de tour operator japonais qui s’arrête tous les 500 mètres, pour une pause biscuits et chants traditionnels. Le contraste est surprenant.

Nous arrivons au parking en début d’après-midi. Nos premiers regards se portent sur ce couple de suisses que nous avions rencontré quelques jours auparavant. Lors de notre conversation, ils nous avaient indiqué être venus en voiture. Nous avons ainsi posé l’équation suivante : voiture = hitch hike = retour à Odda sans frais. Nous nous dirigeons alors vers eux pour reprendre la conversation là où nous l’avions laissé. Bingo ! Après quelques mots sur le Trolltunga et le D- du retour, ils nous proposent de nous déposer à Odda.

📸 Photographies par Jeanne & Simon

Besseggen, le mythique !

Déjà presque 15 jours en Norvège. Nous sommes à mi-chemin de notre périple scandinave. Pour conclure notre passage au sein du parc national de Jotunheimen, nous sommes rejoins par des amis qui ont pris quelques jours pour les vacances d’été. Ensemble, nous nous sommes fixés comme objectif l’ascension du Besseggen.

Le Besseggen, c’est une crête qui longe de lac Gjende sur 15 kils, avec des passages au plus haut à 1700 mètres d’altitude. Le chemin tracé sur le Besseggen est un chemin fréquenté : il est dit que 60 000 marcheurs l’arpentent chaque année. Ce qui est compréhensible, puisque la vue offerte sur le lac Gjende, ses couleurs bleues turquoises, et le paysage montagneux qui l’entoure est franchement exceptionnelle.

La randonnée peut se faire en une journée, notamment en empruntant le ferry, soit à l’aller ou au retour, entre les extrémités du chemin qui sont les refuges Gjendesheim et Memurubu. Bien évidemment, il est aussi possible planifier son passage sur le Besseggen lors d’un trek, sans avoir recours au ferry. Pour notre part, nous avons décidé d’emprunter le dernier ferry de la matinée (nous ne sommes pas très lève-tôt), pour commencer l’ascension depuis Memurubu.

Bessegen

Itinéraire

📅 1 jour
🥾 15 kils
🏔 1000 D+ / 1000 D-
📍 Boucle à partir du refuge de Gjendesheim (61.49463, 8.81212)

🚌 Il est assez simple de se rendre à Jotunheimen. Je vous invite à vous rendre sur le billet qui relate notre trek dans le parc pour plus de détails.

⛴ Un ferry se déplace tout au long de la journée, d’une extrémité à l’autre du lac Gjende. Pour gravir le Besseggen, il suffit si l’on choisit de prendre le bateau à l’aller, de prendre un ticket pour Mumurubu ; si l’on choisit de prendre le bateau au retour, de prendre un ticket pour Gjendesheim. Comptez une vingtaine d’euros et une demie heure de bateau pour la traversée.

Pour information, les coordonnées GPS fournies dans ce billet sont approximatives. N’ayant pas l’équipement adéquat, nous nous sommes contentés d’une carte et d’une boussole seulement pour les obtenir. N’hésitez pas à copier/coller les coordonnées dans Google Maps si vous désirez vous y rendre !

💡Les liens utiles :

  1. Quelques informations sur le Besseggen
  2. Préparer sa randonnée

Nous avons passé la nuit dans un spot un peu plus isolé du parc de Jotunheimen. Grâce à la magnifique Yaris hybride rouge pompier de Léo et Thomas, quelques minutes seulement ont suffit pour trouver cet endroit situé à quelques centaines de mètres au sud du parc. La vue très appréciable sur les montagnes rocheuses et enneigées du parc ont fait office d’écran de télévision le temps de descendre les quelques bières que les garçons avaient dégoté à Oslo quelques jours auparavant.

Le lendemain matin, à l’issue d’une nuit où l’on a écoulé plus d’éthanol que d’eau, nous décidons de partir en direction du refuge de Gjendesheim pour le petit déjeuner. Les refuges DNT proposent en effet des formules petit déjeuner très intéressantes. A raison d’une vingtaine d’euros (les prix varient si vous détenez une carte de membre, ou non), les refuges servent un véritable buffet, sucré salé, à base de produits souvent locaux. Par ailleurs, il est accepté de préparer deux sandwichs avec les aliments à disposition pour son lunch. En d’autres termes, une affaire intéressante !

A 10.30, nous grimpons dans le dernier ferry en direction de Memurubu. Par chance, la météo plutôt nuageuse de la veille a changé ce matin. C’est un grand ciel bleu qui nous accueille après la traversée du Gjende. Au top !

Malgré la forte fréquentation touristique, il est facile d’avancer et de prendre son temps. Au total, nous marchons toute la journée, jusque 18.00, sur un sentier dont les paysages nous en mettent plein la vue. A chaque virage, à chaque élévation, le spectacle devient toujours plus impressionnant. Le ciel dégagé laisse paraître un soleil étincelant, dont les reflets sur les lacs et montagnes forment une palette de couleur unique en son genre. Outre nos pauses pour nous restaurer, les pauses pour observer le paysage et se rendre compte que nous ne sommes finalement que très petits face à cette immensité, sont fréquentes.

A l’issue de la journée, nous nous asseyons au bord du Gjende. Plus personne ne s’adresse la parole, nous sommes épuisés de notre journée. Thomas s’est permis le luxe de payer sa tournée de Bixit (petits gâteaux made in Norway à base de cannelle). Il est 19.00. Nous regardons une dernière fois le Besseggen avant de partir trouver un endroit où planter notre tente.

📸 Photographies par Jeanne & Simon

Parc national de Rondane en moins d’une semaine

Si nous avons par simplicité choisi de commencer par Oslo, nous avons surtout par soif de découvertes décidé de rapidement quitter la capitale. La Norvège regorge de fantastiques paysages, où montagnes, lacs et forêts s’entremêlent. Il n’est pas rare de scroller son fil Instagram et de tomber sur ces photos qui semblent irréalistes. Ces photos, capturées au milieu de nul part, illustrées par des randonneurs qui prennent la pose perchés sur des rochers, ou encore, sur des crêtes hautes de plusieurs centaines de mètres d’altitude, qui longent des lacs aux couleurs bleues turquoises.

Nous avons jeté notre dévolu sur le parc national de Rondane. Connu pour être le premier parc à avoir été officiellement listé comme parc national par la Norvège en 1962, Rondane est un parc relativement plat (ses plus hauts sommets dépassent les 2000 mètres d’altitude) et aux paysages variés. Notre itinéraire a été simplement conçu : après avoir rendu visite à l’office DNT d’Oslo, nous avons défini notre point de départ à la gare de Hjerkinn, et notre point d’arrivée à l’arrêt de bus de Spranget, situé sur un parking a quelques kilomètres du refuge le plus au sud du parc et surtout, de la ville d’Otta.

Itinéraire

📅 6 jours
🥾 65 kils
🏔 2320 D+ / 2310 D-
📍De la gare de Hjerkinn à l’arrêt de bus de Spranget

🚅 La gare de Hjerkinn, au nord du parc de Rondane, se situe sur la ligne de train Oslo – Trondheim, l’une des lignes les plus fréquentées du pays. Des trains partent ainsi assez régulièrement tout le long de la journée. Pour limiter le prix, pensez à réserver à l’avance ou alors à prendre vos places en tarifs étudiants.

🚌 L’arrêt de bus du parking de Spranget (parking situé à 6 kilomètres au sud ouest du refuge de Rondvassbu, dans le sud du parc de Rondane), propose des bus en direction d’Otta, ville qui disposent d’un camping, d’hôtels et de supermarchés, idéal pour refaire le plein ! Le bus dessert l’arrêt plusieurs fois par jour. Il est possible de directement prendre les billets auprès du chauffeur.

Pour information, les coordonnées GPS fournies dans ce billet sont approximatives. N’ayant pas l’équipement adéquat, nous nous sommes contentés d’une carte et d’une boussole pour les obtenir. N’hésitez pas à copier/coller les coordonnées dans Google Maps si vous désirez vous y rendre !

💡Les liens utiles :

  1. Pour se rendre facilement à Rondane
  2. Obtenir un rapide aperçu du parc
  3. Préparer sa randonnée

📅 Jour 1

🥾 13 kils
🏔 350 D+ / 50 D-
📍 De la gare de Hjerkinn à 62.11666, 9.61666

Après 4.30 heures de train depuis Oslo, il n’est pas loin de 13.00 quand nous posons les pieds à la gare de Hjerkinn. A ce moment très précis, c’est une grande claque qui vient s’abattre sur notre joue droite. Sur la carte, Hjerkinn semble être une ville de plusieurs centaines (voire milliers) d’habitants. En fait non. La gare est au milieu de nulle part. A vrai dire, nous ne sommes même pas encore dans le parc de Rondane. Quelques passagers descendent en même temps que nous, eux aussi avec un sac sur le dos. Tout le monde se regarde et tout le monde range son sac pour une ultime fois. Il s’agit de partir maintenant.

Sur les premiers sentiers empruntés, nous nous retrouvons face à un vaste paysage, dépourvu de civilisation (mais pas totalement puisque nous avons toujours de la 4G). Le départ de la gare s’est fait en dessous des 1000 mètres d’altitude. Nous avons ainsi pu profiter d’une végétation assez riche, et encore humide des pluies tombées quelques jours auparavant.

C’est au bout de quelques kilomètres que nous prendrons notre seconde claque (sur la joue gauche cette fois ci). Après quelques minutes de dénivelé positif, nous nous faisons face à un vaste paysage, cette fois ci complètement dépourvu de civilisation (le réseau a complètement disparu). La végétation n’est pas très dense à cause du climat polaire, me dit Jeanne. Au loin, on entend le chant de quelques oiseaux. Certains sont particuliers, comme cet oiseau emblématique du pays, qui siffle plus qu’il ne chante. Maintenant, il n’y a plus de doute, nous sommes bien arrivés à Rondane.

Environ 13 kils plus tard, nous décidons de monter la tente. Si en Norvège le soleil ne se couche presque jamais à cette période de l’année, nos souhaitons malgré tout profiter de lui de derniers instants avant qu’il ne parte se réfugier derrière les montagnes qui nous entourent.

📅 Jour 2

🥾 15 kils
🏔 410 D+ / 580 D-
📍De 62.11666, 9.61666 à 62.03789, 9.68647

Première nuit en pleine nature. Par chance, nous bénéficions depuis notre départ d’une température clémente. En conséquence, dormir a été plutôt agréable mais, le réveil sous le soleil presque brûlant qui est levé depuis 04.00 un peu moins. Après un petit déjeuner à base de barres de céréales, nous prenons le temps d’apprécier le paysage avant de ranger nos affaires pour reprendre la route, direction le sud du parc.

Nous prendrons une première pause au refuge Grimsdalshytta. Entre café à volonté, sandwichs à base de jambon et fromage local et passages aux toilettes (le tout pour une vingtaine d’euros), nous prenons le soin d’étudier la carte pour mieux appréhender notre itinéraire. En d’autres termes, nous venons de nous spoiler les plusieurs centaines de mètres de dénivelé positif qui nous attendent. Toutefois, la surprise prévue à l’issue de l’ascension de ce dénivelé sera de taille : une vue à 180 degrés sur la vallée de Grimsdalen, au coeur de Rondane.

Notre repas du midi s’accompagne d’une rencontre avec un local. Un norvégien pur souche originaire d’Otta, dont le nom ne sera pas écrit puisque ma mémoire me fait défaut. Il prend plaisir à échanger avec nous, probablement lié au fait qu’il croise peu de trekkers non norvégiens à cet endroit. Nous avons aussi le droit à quelques anecdotes à propos de ses randonnées dans Rondane, de ses enfants, mais surtout à propos d’un aigle qu’il aurait rencontré sur le sommet voisin, et dont il aurait conservé un plume en souvenir.

Enfin bref, le temps passe vite. Nous poursuivons notre route vers le lac Storrvatnet (avec du dénivelé négatif uniquement cette fois ci). Des cabanes ont été construites sur les bords du lac. Nous prenons le soin d’y jeter un coup d’œil : aux vues des lockers qui contiennent probablement les clés, nous supposons qu’il doit s’agir de cabanes qui peuvent être louées auprès des offices DNT. A noter pour un prochain trek : penser à se renseigner pour dormir dans ces petits bouts de paradis.

Le norvégien croisé quelques kilomètres auparavant nous avait vanté les mérites des gaufres typiquement norvégiennes vendues par le refuge de Haverdalseter. Malheureusement il est 17.00. Et à cette heure ci, les gaufres, c’est fini. Ainsi, nous nous contentons d’une pause et d’eau fraîche.

Il est 19.00 quand nous décidons de planter notre tente, à deux kilomètres après Haverdalseter. Une fois encore, le décor est plus qu’appréciable. Je ne détiens pas le vocabulaire suffisant pour le décrire, les photos parleront d’elles mêmes.

📅 Jour 3

🥾 12 kils
🏔 440 D+ / 460 D-
📍 De 62.03789, 9.68647 à 61.98749, 9.80009

Réveil cette fois plus compliqué. Les moustiques n’ont cessé de voler durant la nuit. La piqûre qui a doublé la taille de ma paupière en fait un parfait témoin. Une fois quelques barres de céréales englouties, nous décidons d’ouvrir la tente et… bordel il fait pas beau ! Première épreuve thermique de ce voyage : se lever dans une humidité fraîche et abondante, accompagnée d’un brouillard qui laisse à peine apercevoir les montagnes que nous contemplions hier encore.

Sur les coups de 10.00, nos sacs sont prêts. Nous partons pour 1.30 heures de marche à moins de 1000 mètres d’altitude, dans un environnement où les neiges et glaciers de l’hiver laissent place à divers marécages et tourbières durant l’été. En fait, un environnement où les moustiques règnent en maîtres.

J’ai compté 17 moustiques sur ton sac.

Jeanne, vers 11.00 quand nous empruntons un sentier boueux.

Nous arrivons finalement peu avant midi au pied d’un pont, qui nous sépare de l’ascension du col du Dørålsglupen, soit une pente à 14% sur 3 kilomètres. BONHEUR. A l’issue d’une tisane « Relaxation » et d’un rafraîchissement dans la rivière qui coule sous le pont, il est l’heure de monter. Il est un peu plus de midi, les nuages de la matinée ont laissé la place à un ciel bleu, et ce col mythique de Rondane n’attend plus que nous !

L’ascension qui nous semblait initialement compliquée de par son profil, s’est faite finalement sans encombre. Les multiples pauses prises pour admirer le paysage nous auront permis de reprendre notre souffle régulièrement.

Arrivés au sommet, nous sommes face à un décor rocailleux. Pas un bruit, ni même celui du vent, vient déranger notre tranquillité. Nous décidons de nous installer le temps d’une ration lyophilisée avant de reprendre la route. En une heure à peine, nous rejoignons le refuge de Øvre Dørålseter qui sera, le temps d’une bonne heure, un lieu de repos et détente où la bière coulera à flot (mais pas trop quand même parce que la canette de 50cl coûte pas loin de 10 euros…).

Nous choisissons finalement pour notre nuit, un spot à quelques kilomètres du refuge, dans un cadre lui aussi très agréable. Un peu moins de moustiques certes, mais sans doute à cause du vent qui s’est levé.

📅 Jour 4

🥾 10 kils
🏔 120 D+ / 130 D-
📍 De 61.98749, 9.80009 à l’embarcadère pour Rondvassbu (61.9098, 9.8035)

Lors de notre apéro la veille, nous avions entendu parler de la traversée du lac Rondvatnet en bateau. Alors pourquoi pas ? Carte en main, nous comprenons que le bateau nous évite plusieurs kilomètres de marche, mais surtout le risque d’avoir à randonner sous la pluie. En effet, la météo a radicalement changé durant la nuit : les nuages semblent bien chargés, au point d’en devenir menaçants. L’embarcadère se trouve quant à lui à 3-4 heures de marche. Il est 08.00, nous préférons ne pas perdre trop de temps pour s’assurer de ne pas louper le bateau de 15.15.

La route jusque l’embarcadère est agréable. Peu de dénivelé. Un vent frais qui nous évite toute transpiration intensive. Aussi, une certaine humidité qui offre un décor que nous n’avions jamais expérimenté jusque là.

Nous arrivons au ponton à 12.15. Au top ! Nous disposons de trois heures pour déguster nos instant noodles. Jeanne repère une pseudo construction de pierres à quelques mètres du ponton : il s’agit de pierres disposées les unes sur les autres qui, in fine, réussissent à former trois murs, soit en d’autres termes, un abri.

Trois heures à tuer… pour s’occuper, Jeanne installe délicatement le tarp sur les arrêtes des murs pour nous construire un toit. Si beaucoup se demande à quoi ce tarp pouvait nous servir depuis le début de notre voyage, je peux maintenant vous affirmer qu’il nous aura bien abrité de la tempête qui a suivi : bourrasques de vent et averses à foison !

Il est 15.15 quand nous sommes à quelques minutes de mourir de froid et quand le bateau arrive au ponton. La traversée du lac est brève mais suffisante. Les plaids que nous trouvons dans la cale ont fait notre grand bonheur, et surtout le meilleur remède contre le froid qui nous avait gagné. En arrivant au refuge de Rondvassbu, qui s’avère être un vrai basecamp pour beaucoup d’itinéraire dans le parc de Rondane, nous nous octroyons pour la première fois une nuit en refuge. Un moyen d’éviter la pluie et d’essayer les installations locales.

📅 Jour 5

🥾 9 kils
🏔 1000 D+ / 1000 D-
📍 De Rondvassbu à 61.87451, 9.80059

Notre nuit entre quatre murs a finalement été une bien sage décision. Dix heures auront, cette nuit, permis d’effacer une bonne partie de nos cernes.

Pour la journée, nous avons décidé de partir sur un one day hike. Plus exactement, nous avons décidé de partir à l’ascension du Storronden, l’un des sommets les plus élevés de Rondane. Aussi, la possibilité de laisser une partie de notre gear au refuge, et donc de partir très léger, à été l’un des facteurs qui nous a poussé à cette faire cette ascension.

Le Storronden est un sommet qui culmine à plus de 2138 mètres d’altitude. Depuis le refuge, l’ascension n’est pas très longue en distance, seulement 4 kilomètres. En temps, il faut par contre compter presque trois heures. Le sentier est assez rocailleux et sollicite souvent un peu de gymnastique.

Le sommet nous offre une vue sans précédent sur une bonne partie du parc. De plus, le ciel bleu qui nous accompagne depuis le début de la journée nous délivre des conditions météorologiques agréables.

Il est presque 16.00 lorsque nous redescendons à Rondvassbu. Pour cette nuit, nous trouverons au bord d’une rivière à plusieurs centaines de mètres du refuge un emplacement dont le panorama n’est ni plus ni moins que le Storronden et son sommet supérieur à 2000 mètres. La meilleure manière de s’endormir avec un sentiment de victoire.

📅 Jour 6

🥾 6 kils
🏔 0 D+ / 90 D-
📍 De 61.87451, 9.80059 à l’arrêt de bus de Spranget

Dernière journée à Rondane. Elle sera très brève puisque seulement quelques kilomètres séparent notre tente du parking de Spranget où se trouve le bus qui nous amènera à Otta. Randonner cette journée sera chose facile. 95% du trajet se fera sur une route… Heureusement, et à la différence du beau ciel bleu qui a égayé notre réveil, un peu de pluie est tombée à l’arrivée, histoire de rendre la marche un peu plus coriace ! Maintenant, il ne reste plus qu’à penser à notre prochain objectif : le parc de Jotunheimen.

📸 Photographies par Jeanne et Simon

Jothuneimen en une semaine

Fort d’une première expérience dans le plus vieux parc national de Norvège, nous avons décidé de poursuivre notre périple dans un second parc national. Cette fois-ci, nous avons jeté notre dévolu sur le parc de Jotunheimen. Connu par les norvégiens pour être le parc de Norvège qui compte le plus de sommets au delà des 2000 mètres d’altitude, il est aussi connus des marcheurs pour sa célèbre randonnée sur le Bessegen, ou encore pour sa multitude de sentiers balisés qui permettent de préparer des randonnées à la journée comme des treks sur plusieurs semaines !

Pour nous, ce sera un trek d’un peu moins de sept jours. Nous avons choisis de partir du refuge de Gjendesheim pour des raisons logistiques : en plus d’être situé au cœur du parc de Jotunheimen, le refuge est desservi via une ligne presque directe par un bus en provenance d’Otta (la ville qui nous a servi de camp de base pour nous ravitailler et nous acheter des vêtements contre la pluie à l’issu de notre trek à Rondane).

Concernant le Bessegen, nous reviendrons sur cette randonnée que nous avons eu l’occasion de d’effectuer avec un couple d’amis dans un autre billet, avec de belles anecdotes et de jolies photos.

Itinéraire

📅 6 jours (dont une journée de pause sous la pluie)
🥾 58 kils
🏔 1835 D+ / 1835 D-
📍Au cœur du Jotunheimen, du refuge de Gjendesheim (61.49463, 8.81212) au ferry de Gjendebu (61.45349, 8.49937)

🚌 Jotunheimen est globalement bien desservie par les bus. L’arrêt de bus du refuge de Gjendesheim est desservie par plusieurs lignes. Il est possible de trouver un itinéraire facilement depuis l’application EnTur, ou directement sur place via les offices de tourismes. Il est possible de prendre les billets directement auprès du chauffeur. Aussi, nous vous conseillons de vous renseigner sur les tarifs étudiants, souvent intéressants !

Pour information, les coordonnées GPS fournies dans ce billet sont approximatives. N’ayant pas l’équipement adéquat, nous nous sommes contentés d’une carte et d’une boussole seulement pour les obtenir. N’hésitez pas à copier/coller les coordonnées dans Google Maps si vous désirez vous y rendre !

💡Les liens utiles :

  1. Pour se rendre facilement à Jotunheimen
  2. Obtenir un rapide aperçu du parc
  3. Préparer sa randonnée

📅 Jour 1

🥾 7 kils
🏔 350 D+ / 275 D-
📍 Du refuge de Gjendesheim (61.49463, 8.81212) au lac Russvatnet (61.55679, 8.79354)

Lorsque nous arrivons à Jotunheimen, notre première impression se trouve à des années lumières de celle que nous avions expérimenté dix jours auparavant en arrivant à Rondane. Il est un peu plus de 15.00 quand nous descendons du bus et que la foule nous envahit : des norvégiens bien évidemment, mais aussi des français, des américains, des russes… Un vrai melting-pot qui fait de ce lieu un semblant de Disney World plutôt qu’un véritable parc naturel.

Nous nous réfugions hâtivement à l’arrière d’un restaurant pour déguster des instant noodles, parfum bœuf. Depuis ce spot, notre première impression ne change toujours pas : nous observons avec stupéfaction le sentier que nous comptons emprunter pour le démarrage de notre trek. Il pullule de randonneurs en tous genres, de l’ultra trailer au marcheur du dimanche.

Enfin bref, le temps passe vite et il s’agit de partir. Nous avalons un peu de D+ pour finalement bifurquer, au bout d’une heure de marche, sur un autre chemin, moins emprunté des masses, et dont les points de vue s’avèrent bien plus intéressants.

Une fois encore, les paysages sont uniques. De belles montagnes, parfois enneigées, des cours d’eaux, des lacs, et quelques cabanes. Nous voilà à nouveau dans la brousse norvégienne.

Après 2.30 heures de sentiers dans ces paysages typiques, accompagnés d’une petite pluie, nous installons notre camps sur la terrasse d’une cabane, au bord du lac Russvatnet. Le toit qui vient couvrir la terrasse nous protègera de la pluie pour la nuit qui arrive. Nous rencontrons sur place deux bergers qui, parce que c’est plus simple ici, préfèrent les voies navigables aux voies terrestres pour de déplacer. Une fois leur barque amarrée sur l’un des rares pontons du lac, ils viennent chercher un abri sur « notre » terrasse. Nous échangeons quelques mots. Ils nous expliquent qu’ils détiennent 200 moutons sur l’ensemble du parc, qu’ils partagent avec leurs animaux des snacks (qui s’avèrent être des granulées) pour rendre le bétail plus heureux, et qu’ils doivent rentrer parce que madame a sans doute fini de cuisiner.

Il est 22.00. Nous nous installons confortablement dans nos duvets. Cette nuit sera la première nuit sous la pluie.

📅 Jour 2

🥾 14 kils
🏔 585 D+ / 310 D-
📍 Du lac Russvatnet (61.55679, 8.79354) à la vallée de Veodalen (61.60643, 8.61884)

Réveil à 06.00 pétantes ! Lors de la préparation de notre itinéraire, la météo locale indiquait une reprise des averses sur l’ensemble de Jotunheimen à partir de 11.00. L’idée de ce réveil très trop matinal est d’éviter la pluie. Mais bon, à l’instar de beaucoup de prévisions météorologiques en montagne, nos renseignements n’étaient pas justes : après une nuit bien pluvieuse, la matinée se déroulera sous les averses. Et le vent. Au top.

Si la pluie nous affaibli sur cette matinée (marcher plusieurs heures dans le froid et l’humidité n’est définitivement pas terrible pour le moral), elle laisse toutefois apparaître des paysages intéressants que l’on croirait tout droit sortis de l’imaginaire de Tolkien.

C’est en toute fin de matinée seulement que le mauvais temps commence à se dissiper. Abrités du vent derrière un rocher, nous prenons tranquillement le temps de nous reposer autour d’une ration lyophilisée. Je pense qu’il n’y a qu’une chose qui peut vraiment redonner le sourire face au vent et à la pluie : un repas chaud. Le temps d’avaler quelques calories, le ciel tend à se bleuir. Il est un peu moins de 13.00 quand nous reprenons la marche, sous un ciel un peu plus dégagé et moins pluvieux.