Marseille, pause sur les GR français 🌊🎞

Temps de lecture : 4 minutes

📔 Marseille, ville aux milles souvenirs

Marseille. Certains la connaissent pour son Vieux-Port et sa CanebiĂšre. Certains la connaissent pour ses habitants au bronzage tannĂ© par un incessant soleil. Certains la connaissent pour cet accent chantant si caractĂ©ristique de la si bien aimĂ©e Provence. Certains la connaissent pour son mythique VĂ©lodrome et son Ă©quipe qui offre aux passionnĂ©s de ballon rond matiĂšre Ă  rĂȘver. Certains la connaissent pour son Maire Ă  l’interminable mandat – ayant d’ailleurs trouvĂ© un terme aux derniĂšres municipales, Dieu soit louĂ©. Certains la connaissent pour le parc national dont elle est voisine, et dont beaucoup de ses roches ont servi Ă  la construction des bĂątisses aux teintes nuancĂ©es par le blanc du calcaire et les lumiĂšres d’un ciel d’azur. Certains la connaissent pour ses quartiers nord, fruits d’une politique d’urbanisation maladroite, menant fatalement Ă  une image Ă©rodĂ©e des Ăąmes qui tentent d’y survivre. Certains la connaissent pour les tristes Ă©vĂšnements de la rue d’Aubagne survenus en 2019. Certains la connaissent pour sa lĂ©gendaire boisson aux couleurs de l’étĂ©, et au goĂ»t qui nous rappelle certaines fins de soirĂ©es. Certains la connaissent pour mille et une autres raisons. Je l’ai surtout connu par Jeanne, qui chaque semaine, m’en Ă©voquait de maniĂšre mĂ©lancolique de prĂ©cieux souvenirs.

📔 Noailles la merveilleuse

Nous partons nous égarer dans les sinueuses ruelles de Noailles. Une ode à la vie, ce quartier me charme par son humeur, ses odeurs. Là-bas, les sons dégagent une mélodie méditerranéenne. Une agréable symphonie dont on se laisse facilement bercer.

Nous progressons parmi les Ă©tales serrĂ©s qui fleurissent le pavĂ©. On y trouve des poissonniers, dont la marchandise provient du Vieux Port Ă  quelques pas d’ici ; on y trouve des Ă©piciers, dont les tonalitĂ©s arc-en-ciels de leur cannelle curcuma gingembre paprika piments safran et j’en passe me suggĂšrent d’agrĂ©ables souvenirs de dĂ©ambulations dans les souks maghrĂ©bins ; on y trouve des colporteurs, dont l’inexplicable diversitĂ© de bibelots semble inĂ©puisable.

Piment fort Ă  Noailles, Ă  Marseille
200712 – Piment fort – Position inconnue

Au dĂ©tour d’un regard, nous apercevons des vendeurs Ă  la sauvette. Les cigarettes vendues Ă  l’unitĂ© ou celles vendues dans des paquets encore habillĂ©s des couleurs de nos cigarettiers prĂ©fĂ©rĂ©s chargent les poches secrĂštes de ces messieurs. « Cigarettes ? Non merci j’ai les miennes », rĂ©pondĂ©-je avec la mĂȘme fermetĂ© qu’Hubert Bonisseur de La Bath.

Comme les quartiers de Belsunce, du Panier, le cours Julien, et toutes ses ruelles, rues et boulevard qui serpentent des collines Ă  la MĂ©diterranĂ©e, Noailles est un voyage dans le voyage. Une immersion dans un monde pluri-culturel, oĂč le peuple tient le pavĂ© comme les paysans la terre. OĂč la vie ne cessera jamais.

📔 Calanques

« Un vrai coin de paradis », s’exclamaient-ils. « Je viens de traverser un bout de la France, leur rĂ©pondais-je. J’ai du mal Ă  imaginer plus bel endroit que les gorges du Tarn, de la Jonte, que les plateaux de l’Aubrac et du Cantal, que les volcans d’Auvergne, que le Causse MĂ©jean ou encore le cƓur des CĂ©vennes ». Note pour plus tard ne jamais parler trop vite.

Calanques Ă  Marseille
200712 – Calanques – Position inconnue

Avant de s’installer au pied de la MĂ©diterranĂ©e, nous traversons les Goudes. Ancien port de pĂȘche et nouveau port de plaisance, les Goudes est un idĂ©al, coincĂ© entre le cƓur de Marseille et l’entrĂ©e des Calanques. La MĂ©diterranĂ©e est calme et transparente. Des roches calcaires s’élĂšvent Ă  plus de quatre-cent mĂštres au-dessus du niveau de la mer. Sur les rares plats dont dispose le port, on trouve un dĂ©sordre d’habitations, vestiges d’anciennes maisons de pĂȘcheurs.

Avant de gagner la mer, je dĂ©cide de m’y Ă©garer. Les rues sinueuses illustrent un tableau mĂ©diterranĂ©en : volets colorĂ©s et entrouverts, linge Ă©tendu en travers des ruelles frappĂ©es de soleil, fleurs Ă  l’abri d’une chaleur parfois meurtriĂšre, et surtout de rares badauds au regard mĂ©fiant, peu chaleureux vis-Ă -vis des touristes souvent trop curieux. Au plus je m’avance, au plus je me perds dans ce dĂ©cor que je n’aurais jamais pu penser rĂ©el.

📔 Bonne Mùre de Marseille

Nous terminons notre pĂ©riple dans la citĂ©e phocĂ©enne par la symbolique Bonne-MĂšre. Le cadran affiche dix-huit heures. Nous sommes assis face Ă  un stade de football synthĂ©tique. Les couleurs du couchant donnent de faux airs de cartes postales Ă  notre panorama. Les teintes chaudes du soleil qui tombent Ă©claire les visages d’une population dĂ©confinĂ©e. J’observe les personnes autour de nous. Ils discutent, ils rient, ils observent eux aussi.

Football Ă  Marseille
200712 – Football – 43.28°N, 5.37°E

Je prends une pause dans mon pĂ©riple. Pendant un mois, je reste aux cĂŽtĂ©s de Jeanne pour savourer son regard, sa tendresse, ses caresses, et le reste d’équilibre mis Ă  mal par mes pĂ©ripĂ©ties, par mon choix de vie. A force de marche, j’ai appris une chose. Il ne sert Ă  rien de se presser. Il est important de se reposer et d’apprĂ©cier. Il est important de profiter et d’aimer.

Journal de bord

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