Découverte de la région parisienne, randonner dans les Yvelines sur le GR1 (part. 3)

Si vous souhaitez randonner dans les Yvelines et visualiser l’itinéraire complet, n’hésitez pas à vous rendre sur la première partie.

📅 Lundi 18 mai

🥾 14.6 kils
📍 Du Bois de Baville aux buttes de la Bruyère

Rares sont les nuits qui ont été aussi reposantes. Endormi peu avant minuit, je me réveille ce matin alors que la montre indique neuf heures passées. Je quitte la forêt dans laquelle je viens de paisiblement dormir pour avancer en direction de Sermaise, à une petite dizaine de kilomètres d’ici. Sermaise sera l’occasion de trouver un cimetière et une boulangerie ; en y arrivant pour midi, ce sera un excellent lieu pour entreprendre une pause.

En cours de route, je décide de quitter le GR1 l’espace de quelques instants pour longer l’Orge, la rivière qui coule dans le fond de la vallée qui porte son nom. Aux vues des températures prévues dans la journée, j’imagine pouvoir trouver plus de fraîcheur auprès d’une rivière plutôt que sur les plaines qui surplombent la vallée (et sur lesquelles passe le GR1). Finalement, cet épisode ne sera qu’éphémère puisque une heure à peine après avoir quitté le GR1, je me retrouve à nouveau sur ce dernier, à traverser des champs aux cultures diverses, tous balayés par un soleil de plomb. Hormis le camping naturiste que je croise (encore un), le chemin n’a rien de fascinant. Comme l’indique le panneau que je viens de photographier (ci-dessous), nous sommes en Petite Beauce. En d’autres termes, nous sommes en terrain plat, agricole, et sans grand intérêt pour les randonneurs.

En milieu d’après-midi, je laisse derrière moi le village de Sermaise où j’ai trouvé de l’eau au cimetière, mais pas de pain à la boulangerie, puisqu’il n’y a tout simplement pas de boulangerie (la prochaine se situe à Dourdan, que je traverserai demain).

Alors que je marche en direction de Dourdan, je décide de m’aventurer dans les bois alentour, plus précisément sur les buttes de la Bruyère, dans l’espoir de trouver une clairière pour y planter la tente. Par le plus grand des hasards, je trouve mieux : un pseudo camp de Zadistes, probablement le vestige d’un essai de construction de cabanes lors du très récent confinement. Le lieu est calme, propre, et difficilement accessible. Mais surtout, une inscription sur l’une des cinq chaises en plastiques qui trônent là se veut rassurante :

Prenez place et respectez les autres <3

Je prends note, je prends place, je respecte les autres, et quelques heures plus tard, je pars me coucher.

📅 Mardi 19 mai

🥾 14.3 kils
📍 Des buttes de la Bruyère au bois départemental de Rochefort

Je n’ai jamais passé une nuit aussi bruyante, ou plutôt sauvage, je ne sais pas quel terme est le plus approprié. A plusieurs reprises, je me suis réveillé surpris d’entendre des oiseaux, des lièvres, des sangliers peut-être, roder autour de la tente. Dans le silence de l’obscurité, certains sons ressemblent étonnamment à des bruits de pas. Mais finalement, des bruits de pas peu forts, puisqu’à chaque réveil, quelques minutes me suffisaient à retomber dans les bras de Morphée. En fait, je me demande même si ça n’était pas qu’un simple rêve.

Je vise comme première étape l’Intermarché de Dourdan. Pas très nature/bivouac comme ambiance, je le concède, mais je commence à drastiquement manquer de vivres. Dourdan est une très charmante bourgade aux allures amboisiennes (il s’agit d’un centre-ville chargé d’histoire, entouré de moult lotissements et commerces en tous genres). La ville m’accueille avec ce qui semblait être avant l’épisode épidémique un camp de gilets jaunes. Charmant. L’intermarché est lui moins « gilet jauné », mais transpire le COVID-19. A son entrée, une longue file d’attente où les clients du magasin enfilent leurs masques tout en appliquant du gel sur leurs mains se prépare à remplir frénétiquement leur caddie. Après plusieurs jours à dormir en nature, ce retour à la réalité de la planète COVID est toujours un peu cocasse.

A l’issue de mes quelques emplettes, je reprends la route. Je commence enfin à randonner dans les Yvelines. Je plonge dans la forêt municipale de Dourdan, qui à l’instar de Fontainebleau, se compose principalement de pinèdes. Les sols, plutôt pauvres et très sableux, en sont à l’origine. Peu avant midi, je passe sous le pont de l’autoroute A10, à quelques centaines de mètres du très réputé péage de Saint-Arnoult. Le péage de Saint-Arnoult, je l’affectionne particulièrement. Enfant, il s’agissait à mes yeux de la porte d’entrée pour la capitale, quand à bord du Chrysler Voyager des parents nous partions à la conquête des lieux emblématiques de la ville lumière.

Trêve d’émotions. En arrivant à Saint-Arnoult-en-Yvelines (j’ai d’ailleurs appris cette semaine que Saint-Arnoult était une ville avant d’être un péage), je me retrouve nez-à-nez avec un château d’eau désaffecté, reconverti en mur d’escalade. J’y fais la rencontre de quelques grimpeurs avec qui nous échangeons sur nos passions respectives. De manière amusée, ils se rendent compte qu’ils ne pourraient pas bivouaquer plusieurs jours d’affilée en région parisienne ; de manière tout aussi amusée, je me rends compte que je n’aurais jamais le courage de grimper à trente mètres comme ils le font.

J’arrive finalement en fin de journée sur les hauteurs de Rochefort-en-Yvelines, au sommet d’une butte située au sud-est du bois départemental de Rochefort. La vue y est fort agréable. Je profite d’un coucher de soleil qui se termine malheureusement derrière les arbres. Néanmoins, la température et les lumières restent formidables. Dans de telles conditions , qui pourrait ne pas apprécier le bivouac ?

📅 Mercredi 20 mai

🥾 17.8 kils
📍 Du bois départemental de Rochefort à Rambouillet

L’odeur du café. Tout le monde apprécie se réveiller avec une odeur de café. Alors que j’entrouvre ma tente pour profiter du lever de soleil, j’aperçois à quelques mètres un charmant couple de retraité, cafetière à la main, en train d’admirer la vue qui s’offre à eux, mais surtout d’apprécier les premiers rayons de soleil qui viennent se poser sur leurs corps à peine réveillés. Tous les matins, et depuis le début du confinement, les deux amoureux ont pris pour habitude de venir déguster leur premier repas de la journée au sommet de la butte. Ils m’expliquent qu’avec le confinement, la région est bien moins bruyante qu’à l’accoutumée, rendant ainsi les bois encore plus agréables qu’ils ne l’étaient déjà.

Randonner dans les Yvelines

Pas de chance, ils ne s’attendaient pas à tomber sur moi, ils n’avaient pas assez de café à partager. Toutefois, le temps de plier bagages, nous poursuivons nos conversations. Nous évoquons notamment le sujet des abeilles noires, introduites en forêt de Rochefort par le CNRS il y a quelques années.

Je me remets finalement en route, en direction de Rambouillet, où je dois rejoindre Jeanne en fin d’après-midi. Randonner dans les Yvelines sur le GR1, c’est essentiellement randonner en forêt. En moins d’une heure, je quitte le bois départemental de Rochefort pour m’enfoncer dans la forêt domaniale de Rambouillet. Le long de ses chemins étroits et sinueux, les chênes aux formes les plus étranges défilent devant mes yeux. Ici, aucun arbre ne se ressemble ; parfois, la forêt paraît presque enchantée.

A midi, je gagne l’étang de la Tour où je décide de profiter d’un coin d’ombre pour m’installer, déjeuner, et observer les canards qui se chamaillent au bord de l’eau. Très rapidement, le soleil atteint son zénith. Les températures montent en flèche. Je ne dispose plus que d’une seule solution pour affronter ces chaleurs : la sieste.

En fin de journée, je rejoins Rambouillet où je retrouve Jeanne à la sortie de la gare. Elle s’est décidée à me rejoindre pour les quelques jours restants. Nous avons toutefois un problème de taille : la tente que je transporte sur mon dos est une tente conçue pour une personne. Nous verrons ce que ça pourra donner pour les prochaines nuits. En attendant, nous avons pour fêter nos retrouvailles réservé une chambre en Airbnb en centre-ville de Rambouillet.

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