02/10

Temps de lecture : 3 minutes

📅 Saint Jacques de Compostelle – Journal de bord – 02/10

📍 Le Barp – Saugnacq
🥾 31.9
⏱️ 08:15
🌡️ Nuages
⛺ Bivouac à Saugnacq (en bord de l’Eyre)
📋 Détail des étapes

Je repars seul ce matin. Le dos de Christophe lui fait défaut et les italiens ont décidé de partir sur une grasse matinée. Avant de quitter Le Barp, je m’arrête à la boulangerie du village pour un petit déjeuner digne de ce nom. Christophe m’y accompagne le temps de quelques photos au pied du monument aux morts. Mon objectif pour la journée est l’aire de loisirs de Moustey. Je ne sais pas à quoi elle ressemble, mais elle est indiquée sur la carte, et je pourrais sans doute y bivouaquer.

Monument aux morts du Barp

Dans la matinée, le Chemin emprunte de longues lignes droites qui traversent d’immenses forêts de pins. Sur ces sentiers, la monotonie reprend une place majeur. Ici, on ne distingue aucune nuance. Les couleurs se limitent au blanc des nuages, au vert des arbres, et au gris de la poussière qui recouvre le sol. Au plus j’avance, au plus je me rends compte que rien ne ressemble plus à un pin qu’un pin, à un cailloux qu’un cailloux. Parfois, un virage me fait penser que je pourrais découvrir un autre paysage. Mais non, rien y fait. Trois heures durant, je marche devant ce même et grand tableau qu’est la forêt des Landes. Alors que je m’engage sur la dernière ligne droite (avant le village de Belin-Bellet), j’aperçois une silhouette au loin. Est-ce un frère pèlerin ? Si oui, peut-être le croiserais-je plus tard. 

Je décide de déjeuner à la sortie de Belin-Bellet, en terrasse d’une boulangerie qui se situe à quelques kilomètres de la sortie de la forêt. La terrasse donne sur la Route Nationale 10, celle qui traverse Tours. D’une certaine manière, j’ai l’impression d’être proche de la maison. 

Sans trop tarder, je reprends la route. Quelques kilomètres plus tard, assise à l’arrêt de bus du lieu-dit de Mons, je fais la rencontre de Maëva. Maëva, c’était « le frère pèlerin » aperçu ce matin en forêt. Elle m’offre un carré de chocolat et m’explique qu’elle avait bien vu quelqu’un elle aussi. Elle m’explique aussi que demain, elle risque de dormir à Labouheyre, où je passerai moi aussi probablement la nuit. Nous poursuivons notre discussion mais sans perdre trop de temps, je décide de me remettre en route. J’ai encore du chemin jusqu’à Moustey.

Peu de temps après avoir quitté l’arrêt de bus, le chemin rattrape l’autoroute. Lors des cinq prochains kilomètres, je vais marcher, écouteurs dans les oreilles, en regardant les voitures et camions qui défilent à 130 kilomètres par heure. En l’espace d’une heure de marche, j’aurai parcouru autant que ces véhicules en cinq minutes.

Finalement, je ne pousse pas jusqu’à Moustey. Mes pieds crient de douleur. De plus, je viens de trouver une plage en bord de rivière (la Leyre), un lieu idéal pour un bivouac à la sortie de Saugnacq. Je me déchausse, je vais me rincer dans la rivière. Je fume une cigarette, lance la popote, et me couche. Il est 21 heures.

Emplacement idéal pour un bivouac à Saugnacq

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