En route pour une grande randonnée française, seconde partie

J’ai toujours tendance à affirmer que la découverte est un processus sans fin. Même si les contrées que j’arpente ne présentent rien de nouveau aux yeux de beaucoup, elles restent aux miens une source inépuisable d’exploration, d’apprentissage, de rencontres, de sensations, ou encore d’aventures.

Courant juillet, je terminai ce que je ne pensais pas encore être la première partie d’une très grande randonnée française. Après un mois parsemé de longues journées à randonner et de courtes nuits à bivouaquer, je rejoins Jeanne dans le sud du pays. Alors que nous songions partir ensemble sur les sentiers du GR5, nous préférons finalement des vacances farnientes aux sons des cigales et des vagues de la Méditerranée.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin, la farniente comprise. Au cours de la première quinzaine d’août, je retourne sur la route.

En direction du grand est

Ayant marqué la fin de ma dernière escapade à Saint-Rémy de Provence, je pensais évident de reprendre depuis ce même endroit. Malheureusement, les alertes canicules et incendies des derniers jours ont eu raison de moi. Pour des motifs de sécurité évidents, j’ai préféré rester sur un projet auquel j’avais déjà réfléchi, le GR5.

En me penchant sur les itinéraires de Grande Randonnée française, je comprends que je peux rattraper Strasbourg en Alsace depuis Menton dans les Alpes Maritimes. Le GR5 emprunte des sentiers qui traversent le Mercantour, le Queyras, le Jura, les Vosges, mais qui longent aussi des monuments comme le Mont Blanc. Outre la beauté des paysages prévus sur la route, les 1 300 kilomètres et 50 000 mètres de dénivelés positifs (et donc 50 000 mètres de négatifs) font du GR5 une épreuve sportive comme j’en ai peu pratiqué auparavant.

Et l’autonomie ?

Dans la continuité de ma précédente escapade, je préfère laisser les bistrots et auberges de côté pour profiter au mieux d’une expérience en presque complète autonomie. Distanciation sociale mise à part, ce choix me permet aussi des économies non négligeables, à termes réutilisables dans d’éventuels prochains projets.

Encore loin de l’image du préhistorique chasseur/cueilleur (note pour plus tard : apprendre à chasser et à reconnaitre les baies), je continue de favoriser les créations de nos artisans charcutiers et fromagers pour me nourrir. Quant au logement, rares sont les nuits où je me sépare de ma tente et mon duvet, aussi pratiques qu’efficaces, que les conditions soient froides et humides ou chaudes et sèches.

Quant à ceux qui se trouveraient sur mon chemin (vous pouvez consulter ma carte ci-dessous où me suivre en temps presque réel grâce aux services de Garmin), n’hésitez pas à faire signe ! Que ce soit pour marcher, échanger un repas où proposer une douche chaude, je suis toujours preneur.

Itinéraire

📍 De Menton à Strasbourg
📈 1 350 kilomètres (hors variantes)
📅 Entre 60 et 80 jours
⛰ 53 000 mètres de D+ et presque autant de D- (hors variantes)
🥾 3 itinéraires de Grande Randonnée, les GR 52, 5 et 534
🥾 2 variantes au choix, le Tour du Queyras et le Tour du Mont-Blanc
🏞 4 parcs naturels régionaux, le Queyras, le Haut-Jura, le Doubs, le Ballon des Vosges
🏞 2 parcs naturels nationaux, le Mercantour et la Vanoise

Et la suite ?

Avec une fin prévue courant octobre, je me donne la période des nuits courtes pour songer à d’autres projets.

Entre autres, je réfléchis à la création d’un album reprenant certaines des photographies capturées à l’argentique lors de mes périples. Aussi, si le COVID le permet, j’envisage la préparation d’une grande randonnée non pas française mais américaine, comme je le mentionnai dans un autre billet.

Mais le principal objectif d’ici octobre sera le retour sur le marché du travail, un retour inévitable si je souhaite poursuivre mes escapades.

Affaire à suivre…

Note aux futurs épris de bivouac (en France et ailleurs)

Déconfinement oblige, tout le monde se pose la question. À peine ai-je tapoté l’icône Google Chrome de mon smartphone qu’apparait une pelle d’articles sur la possibilité, ou non, de camper de manière sauvage. Autrement dit, s’il est possible de pratiquer un bivouac en France.

Par curiosité, j’hésite à ouvrir l’un d’entre eux puis je réfléchis. D’une part, sur les 360 derniers jours (COVID et confinement mis à part) j’ai dormi plus de nuits sous les étoiles que sous une charpente ; en conséquence, je peux me passer de conseils. D’autre part, une bonne partie de ces articles sont probablement le fruit de journalistes qui n’ont jamais dormi dans une tente autre que celles que tu montes en « deux secondes » et que tu installes au fond de ton jardin pour donner le goût de l’aventure à tes bambins.

Bivouac en France

Camping sauvage ou bivouac ?

On ne va pas se mentir, je préfère largement le bivouac au camping sauvage. Le bivouac n’emploie ni le mot camping qui me rappelle en France Franck Dubosc et sa Danse des Tongs, ni le mot sauvage qui implique un processus sans foi ni loi (selon les dictionnaires, le nom sauvage peut faire référence à un homme brutal violent ; l’adjectif sauvage peut définir un nom comme spontané et en dehors des règlements).

Je considère le bivouac comme un art, une philosophie, qui se caractérise par l’amour de la nature et le respect d’autrui. Si certains imaginent qu’il suffit de planter une tente pour bivouaquer, d’autres savent que ce geste doit s’effectuer dans le respect de règles essentielles.

Bivouac interdit en France

Quelques règles d’or pour dormir dehors

Depuis que je marche en itinérance, j’ai compris que certaines règles (exhaustives) étaient à respecter pour le bien être de tous.

  1. Un bon bivouac est un bivouac organisé. Celui qui avance en itinérance se muni toujours d’une carte sur laquelle il peut repérer en avance des lieux potentiellement bivouacables. Aussi, celui qui avance en itinérance se rappelle qu’un bon bivouac s’effectue loin des zones urbaines (notamment en France où la notion de propriété privée se veut très respectée).
  2. Un bon bivouac est un bivouac simple. Celui qui avance en itinérance peut bivouaquer sans le matériel parfois trop haut de gamme de nos influenceurs favoris. J’ironisais un peu plus haut sur les tentes deux secondes de notre enseigne bleue préférée mais tant que la nature est respectée, le plus sommaire des équipements est amplement suffisant.
  3. Un bon bivouac est un bivouac malin. Si possible, celui qui avance en itinérance campe auprès d’une source d’eau, répondant naturellement à des critères pratiques. Les férus d’hygiène ou les cuisiniers en herbe comprendront pourquoi.
  4. Un bon bivouac est un bivouac confortable. Celui qui avance en itinérance favorise les terrains plats, aux surfaces agréables (note pour plus tard : apprendre à lire les légendes et les courbes de niveaux sur les cartes topographiques).
  5. Un bon bivouac est un bivouac respectueux. Celui avance avance en itinérance se renseigne sur les zones qu’il traverse. Certains parcs en France (et ailleurs dans le monde) pratiquent des règles strictes, visant à maintenir le bon développement des écosystèmes. Ainsi, celui qui avance en itinérance garde à l’esprit que plusieurs zones nécessitent une sensibilité plus accrue que d’autres. Il réfléchit avant de monter son bivouac sur une surface où la faune est protégée. Il évite ainsi dans certaines zones le hors piste ; il range au fond de son sac sa virilité avant de démarrer un feu, bien souvent non nécessaires et surtout dangereux aux vues des conditions environnantes parfois chaudes, sèches, et venteuses.

Le plus important

Le plus important pour un bon bivouac reste la discrétion. C’est précisément ici que se joue la différence avec son lointain cousin le camping sauvage. Celui qui avance en itinérance emprunte pour chacune de ses nuits un bout de nature. Il s’installe pour une nuit seulement, sur un espace qu’il se doit de respecter et de laisser intact. Un écrivain et aventurier très souvent en itinérance écrivait d’ailleurs à ce sujet :

Lorsqu’on quitte un lieu de bivouac, on prend soin de laisser deux choses. Premièrement : rien. Deuxièmement : ses remerciements.

Sylvain Tesson dans Les Forêts de Sibérie

Rien ne vaut un endormissement sous un ciel étoilé, parsemé de quelques étoiles filantes qui survolent avec indécence la lune, plus belle astre de la nuit. Ce luxe, il convient de l’emprunter plutôt que de se l’approprier. C’est ainsi qu’un bon bivouac doit se réaliser, de manière éphémère, sans déranger ceux qui étaient là avant nous, et qui le seront aussi après.

Pour aller plus loin

La toile regorge d’informations sur les sujets du bivouac. Il suffit d’une recherche Google pour s’en rendre compte. Pour compléter le sujet, un article des Others fournit lui aussi beaucoup de bonnes informations sur la possibilité d’un bivouac en France.

Concernant mon blog, je ne publie pas directement de billets à propos de mes emplacements favoris. Néanmoins, vous pourrez retrouver une belle poignées d’emplacement dans les billets à propos de la France, de la Norvège, ou encore du Maroc.

Maintenant, il ne reste plus qu’à devenir celui en itinérance. De partir en nature et de trouver un spot où passer la nuit. Mais surtout, on n’oublie pas, on reste discret !

Découverte de la région parisienne, randonner en forêt de Rambouillet sur le GR1 (part. 4)

Si vous souhaitez randonner en forêt de Rambouillet et visualiser l’itinéraire complet, n’hésitez pas à vous rendre sur la première partie.

📅 Jeudi 21 mai

🥾 9.8 kils
📍 De Rambouillet à la Vallée de la Guesle

Aujourd’hui, nous célébrons l’élévation du Christ au ciel. Nous célébrons aussi la journée la plus chaude de la semaine. Nous prenons notre temps pour quitter le Airbnb dans lequel Jeanne et moi-même avons passé la nuit (et dans lequel j’ai pu dormir sur un vrai matelas après sept jours de bivouac).

Au matin, chacun des colocataires est présent. Il y a Yann, qui se passionne pour la peinture sur figurines ; il y a Luc, actuellement à la recherche d’un emploi dans l’administratif ; et il y a Xavier et sa compagne, respectivement banquier (et accessoirement propriétaire des lieux) et assistante à la petite enfance. Alors que nous avions prévu un départ sur les coups de neuf heures, nous restons finalement en terrasse du Airbnb à descendre des litres de café tout en s’essayant de refaire le monde. Le soleil monte vite, un peu trop d’ailleurs. Vers onze heures, la température doit déjà flirter avec les trente degrés, nous nous décidons enfin à partir.

Sortir de Rambouillet par le GR1 en période de confinement n’a rien d’extraordinaire. Usuellement, le chemin emprunte les jardins du château qui sont en ce 21 mai toujours fermés. De fait, le seule option pour rattraper le GR1 n’est ni plus ni moins que la route départementale D906 qui, vous l’imaginerez, ne manque pas de trafic pour un jour férié ensoleillé. Pendant une bonne demie heure, nous longeons cette route de l’angoisse pour enfin nous enfoncer sur des sentiers qui nous ramènent doucement mais surement en forêt de Rambouillet.

Nous décidons de notre pause déjeuner à l’ombre des chênes de la forêt, à la sortie de Gazeran. Des parcelles de la forêt domaniale de Rambouillet que j’ai pu traverser depuis plusieurs jours, j’ai remarqué une différence notable avec Fontainebleau. Autour de Rambouillet, les chênaies dominent le paysage. Il suffit d’ailleurs de consulter les 1:25000 IGN pour remarquer une présence bien plus importante de chênes remarquables en forêt de Rambouillet que nulle-part ailleurs en région parisienne. Sous sa canopée, les chênaies apportent un micro-climat frais et agréable, souvent différent du climat sec qui règne dans les pinèdes de Fontainebleau.

Après une bonne heure et demie de pause à profiter de quelques tranches de saucisson et d’un thé vert, nous nous remettons en route. Une vingtaine de minutes de marche seulement nous suffisent à nous retrouver nez-à-nez avec le chêne de la Pocqueterie, premier chêne remarquable que nous décidons de contempler.

Un chêne est un être vivant dont la vie s’étale parfois sur plus d’un millénaire. En ce sens, il dégage une sagesse certaine, témoin d’histoires tantôt meurtrières, tantôt romantiques. Sous un tel arbre au tronc large et majestueux et aux branches longues et biscornues, l’Homme se retrouve face à une immense beauté qu’il ne saurait décrire. Dans un si simple appareil, un chêne peut traverser les saisons suivant un cycle rigoureusement respecté.

Au printemps, saison du redémarrage de la vie, ses feuilles apparaissent, comme si les souvenirs d’un hiver rigoureux s’était déjà envolés. Au cours de l’été, le chêne se met au travail. Il utilise son colossal feuillage pour se nourrir d’un soleil qui durant ces mois de l’année ne se retient pas d’envoyer ses plus beaux rayons. À l’arrivée de l’automne, les jours se veulent plus courts, les températures plus froides. Le chêne se concentre alors sur l’essentiel. Il se séparent des feuilles qui sans soleil et photosynthèse ne lui sont presque plus d’aucune utilité. Dans un balais de couleurs chaudes, les feuilles basculent d’un vert vif émeraude à un marron mort et profond. Elles volent alors au sol, préparant pour l’hiver qui arrive un humus qui nourrira autant que nécessaire les racines de l’arbre. Mais trêve de réflexions et poésie sur le chêne, nous devons reprendre la marche.

Après nous être attardés quelques centaines de mètres plus loin à observer un pic épeiche nourrissant ses petits, nous arrivons finalement aux Rochers d’Angennes. Les Rochers sont situés au cœur d’une pinède, et disposent d’endroit plats pour le bivouac. En d’autres termes, il s’agit d’une parfaite localisation pour passer la nuit. Avant de monter le camp, nous décidons d’une petite pause sieste/lecture. Il est en fait encore trop tôt et nous ne voulons pas attirer les regards sur notre tente.

Durant la pause, nous croisons Alex et Claire qui comme nous, cherchent un endroit où s’installer. A notre différence, le couple possède un chien, Lucky. Ils prévoient de redescendre un peu plus bas pour trouver un bivouac proche d’une source d’eau. Dans le doute, nous échangeons nos numéros : si l’un d’entre-nous rencontre des emmerdes (je songe notamment à mon expérience du weekend dernier), nous pourrons toujours nous rejoindre. Par le plus grand des hasards, une dizaine de jeunes scouts prêts à camper et à descendre les rares bouteilles d’alcool qui remplissent leurs sacs débarquent dans les minutes qui suivent. Sans me poser trop de question, je dégaine mon téléphone et demande à Alex où ils se sont installés. Une demie heure plus tard, nous les rejoignons de l’autre côté de la vallée de la Guesle.

📅 Vendredi 22 mai

🥾 16.2 kils
📍 De la Vallée de la Guesle au Étangs de Hollande

Nous nous réveillons en compagnie de nos nouveaux camarades, Alex Claire et Lucky, auprès de qui nous avions planté la tente de peur de passer la nuit à côté de jeunes scouts un peu trop dévergondés. A l’issue d’un bon petit déjeuner, et avant de refaire un plein d’eau dans la rivière un peu plus bas, nous nous remettons en route.

Alex, Claire et Lucky nous accompagnent jusqu’en fin de matinée. Lorsqu’ils s’éloignent, Jeanne et moi-même partons à la conquête des chênes remarquables de la forêt domaniale de Rambouillet. En vue d’éviter d’innombrables détours, nous retenons les chênes SARRAF et Granget, situés à quelques mètres l’un de l’autre.

A l’issue de longues observations de ces majestueuses créations de la nature, nous trouvons un spot qui domine une infime partie de la vallée de la Vesgres, où la cime de ses arbres est bien plus visible que la rivière qui y coule. Le temps d’un repas composé de saucisson, cacahuètes, pain et fromage, nous prenons le temps d’observer le paysage et d’aborder des sujets aussi divers que variés.

L’après-midi est très chaude. La chênaie que nous arpentions en matinée a laissé place à une pinède dont le sable fin relâche abusivement la chaleur du soleil captée depuis le début de la journée. Nos paroles se font rares, autant que l’eau qui reste dans nos gourdes. Sans trop tarder, nous mettons le cap sur les Étangs de Hollandes où nous sommes quasiment sur de trouver de quoi nous abreuver.

📅 Samedi 23 mai

🥾 9.2 kils
📍 Des Étangs de Hollande à la gare de Montfort-l’Amaury – Méré

Un trop grand nombre de badauds flânait autour des étangs pour y planter la tente. De plus, COVID oblige, les portes qui donnent à la plage des étangs étaient fermées. Ce qui s’est finalement avéré arrangeant puisque nous avons trouvé un peu plus au cœur de la forêt un emplacement idéal, situé sur un large de lit de feuilles confortables, et sous des branches qui nous ont protégé de la pluie tombée durant la nuit.

Nous prévoyons pour la journée de quitter la forêt de Rambouillet, pour atteindre Montfort-l’Amaury où nous devrions pouvoir attraper un RER pour rentrer. Sur la 1:25000, nous avons repéré quelques sites que nous souhaiterions visiter. Il y a notamment le chêne de Bazoche que nous rejoignons en une demie heure, mais aussi ce qui semble être décrit sur la carte comme des vestiges archéologiques que nous rejoignons quelques minutes plus tard. Malheureusement pour nous, la surprise n’est pas de taille. Autant, Bazoche était à l’instar de beaucoup de ses confrères grand et majestueux, autant les vestiges archéologiques répondent aux grand absents. Probablement cachés sous une parcelle de forêt qui a profité de la crise sanitaire pour reprendre ses droits, les vestiges daigne montrer une once d’objet archéologique.

Vers midi, nous gagnons le joli petit village de Montfort-l’Amaury, qui en quelques sortes sonne le glas de fin. Pour cette ultime pause, nous décidons de nous octroyer un petit tartare de bœuf à emporter, que nous dégustons sous un soleil ardant, au sommet de la butte qui héberge la tour Anne de Bretagne. Cette bute nous offre un panorama à 180 degrés sur l’ensemble du village et ses environs. Au plus proche, nous apercevons l’église Saint-Pierre, dont les premières constructions remontent au XIeme siècle. L’église, imposante de par sa taille, repose entre les anciennes bâtisses du village, aujourd’hui transformées en commerces ou habitations. On distingue quelques maisons à colombages, quelques routes pavées, mais surtout un charme inéluctable qui fait de Montfort-l’Amaury un village différent de ceux que l’on a pu traverser auparavant.

Peu après treize heures, Jeanne tente de récupérer les horaires du transilien qui passe dans le coin. En quelques clics, nous apprenons deux choses : (1) il n’y a plus que deux trains, l’un dans une petite heure, l’autre en début de soirée ; (2) la gare n’est pas à Montfort-l’Amaury mais à Méré, soient 45 minutes de marche. A l’issue d’une dernière et très bonne bouchée de tartare de boeuf, nous nous remettons en route pour ne pas louper le premier train.

Une heure plus tard, nous montons dans le transilien. Après onze jours de randonnée, nous mettons fin à cette aventure. Le retour à la ville n’en sera que plus difficile.

Découverte de la région parisienne, randonner dans les Yvelines sur le GR1 (part. 3)

Si vous souhaitez randonner dans les Yvelines et visualiser l’itinéraire complet, n’hésitez pas à vous rendre sur la première partie.

📅 Lundi 18 mai

🥾 14.6 kils
📍 Du Bois de Baville aux buttes de la Bruyère

Rares sont les nuits qui ont été aussi reposantes. Endormi peu avant minuit, je me réveille ce matin alors que la montre indique neuf heures passées. Je quitte la forêt dans laquelle je viens de paisiblement dormir pour avancer en direction de Sermaise, à une petite dizaine de kilomètres d’ici. Sermaise sera l’occasion de trouver un cimetière et une boulangerie ; en y arrivant pour midi, ce sera un excellent lieu pour entreprendre une pause.

En cours de route, je décide de quitter le GR1 l’espace de quelques instants pour longer l’Orge, la rivière qui coule dans le fond de la vallée qui porte son nom. Aux vue des températures prévues dans la journée, j’imagine pouvoir trouver plus de fraîcheur auprès d’une rivière plutôt que sur les plaines qui surplombent la vallée (et sur lesquelles passe le GR1). Finalement, cet épisode ne sera qu’éphémère puisque une heure à peine après avoir quitté le GR1, je me retrouve à nouveau sur ce dernier, à traverser des champs aux cultures diverses, tous balayés par un soleil de plomb. Hormis le camping naturiste que je croise (encore un), le chemin n’a rien de fascinant. Comme l’indique le panneau que je viens de photographier (ci-dessous), nous sommes en Petite Beauce. En d’autres termes, nous sommes en terrain plat, agricole, et sans grand intérêt pour les randonneurs.

En milieu d’après-midi, je laisse derrière moi le village de Sermaise où j’ai trouvé de l’eau au cimetière, mais pas de pain à la boulangerie, puisqu’il n’y a tout simplement pas de boulangerie (la prochaine se situe à Dourdan, que je traverserai demain).

Alors que je marche en direction de Dourdan, je décide de m’aventurer dans les bois alentours, plus précisément sur les buttes de la Bruyère, dans l’espoir de trouver une clairière pour y planter la tente. Par le plus grand des hasards, je trouve mieux : un pseudo camp de Zadistes, probablement le vestige d’un essai de construction de cabanes lors du très récent confinement. Le lieu est calme, propre, et difficilement accessible. Mais surtout, une inscription sur l’une des cinq chaises en plastiques qui trônent là se veut rassurante :

Prenez place et respectez les autres <3

Je prends note, je prends place, je respecte les autres, et quelques heures plus tard, je pars me coucher.

📅 Mardi 19 mai

🥾 14.3 kils
📍 Des buttes de la Bruyère au bois départemental de Rochefort

Je n’ai jamais passé une nuit aussi bruyante, ou plutôt sauvage, je ne sais pas quel terme est le plus approprié. A plusieurs reprises, je me suis réveillé surpris d’entendre des oiseaux, des lièvres, des sangliers peut-être, roder autour de la tente. Dans le silence de l’obscurité, certains sons ressemblent étonnamment à des bruits de pas. Mais finalement, des bruits de pas peu suffisamment forts, puisqu’à chaque réveil, quelques minutes me suffisaient à retomber dans les bras de Morphée. En fait, je me demande même si ça n’était pas qu’un simple rêve.

Je vise comme première étape l’Intermarché de Dourdan. Pas très nature/bivouac comme ambiance, je le concède, mais je commence à drastiquement manquer de vivres. Dourdan est une très charmante bourgade aux allures amboisiennes (il s’agit d’un centre-ville chargé d’histoire, entouré de moult lotissements et commerces en tous genres). La ville m’accueille avec ce qui semblait être avant l’épisode épidémique un camp de gilets jaunes. Charmant. L’intermarché est lui moins « gilet jauné », mais transpire le COVID-19. A son entrée, une longue file d’attente où les clients du magasin enfilent leurs masques tout en appliquant du gel sur leurs mains se prépare à remplir frénétiquement leur caddie. Après plusieurs jours à dormir en nature, ce retour à la réalité de la planète COVID est toujours un peu cocasse.

A l’issue de mes quelques emplettes, je reprends la route. Je commence enfin à randonner dans les Yvelines. Je plonge dans la forêt municipale de Dourdan, qui à l’instar de Fontainebleau, se compose principalement de pinèdes. Les sols, plutôt pauvres et très sableux, en sont à l’origine. Peu avant midi, je passe sous le pont de l’autoroute A10, à quelques centaines de mètres du très réputé péage de Saint-Arnoult. Le péage de Saint-Arnoult, je l’affectionne particulièrement. Enfant, il s’agissait à mes yeux de la porte d’entrée pour la capitale, quand à bord du Chrysler Voyager des parents nous partions à la conquête des lieux emblématiques de la ville lumière.

Trêve d’émotions. En arrivant à Saint-Arnoult-en-Yvelines (j’ai d’ailleurs appris cette semaine que Saint-Arnoult était une ville avant d’être un péage), je me retrouve nez-à-nez avec un château d’eau désaffecté, reconverti en mur d’escalade. J’y fais la rencontre de quelques grimpeurs avec qui nous échangeons sur nos passions respectives. De manière amusée, ils se rendent compte qu’ils ne pourraient pas bivouaquer plusieurs jours d’affilés en région parisienne ; de manière tout aussi amusée, je me rends compte que je n’aurais jamais le courage de grimper à trente mètres comme ils le font.

J’arrive finalement en fin de journée sur les hauteurs de Rochefort-en-Yvelines, au sommet d’une butte située au sud-est du bois départemental de Rochefort. La vue y est fort agréable. Je profite d’un coucher de soleil qui se termine malheureusement derrière les arbres. Néanmoins, la température et les lumières restent formidables. Dans de telles conditions , qui pourraient ne pas apprécier le bivouac ?

📅 Mercredi 20 mai

🥾 17.8 kils
📍 Du bois départemental de Rochefort à Rambouillet

L’odeur du café. Tout le monde apprécie se réveiller avec une odeur de café. Alors que j’entrouvre ma tente pour profiter du lever de soleil, j’aperçois à quelques mètres un charmant couple de retraité, cafetière à la main, en train d’admirer la vue qui s’offre à eux, mais surtout d’apprécier les premiers rayons de soleil qui viennent se poser sur leurs corps à peine réveillés. Tous les matins, et depuis le début du confinement, les deux amoureux ont pris pour habitude de venir déguster leur premier repas de la journée au sommet de la butte. Ils m’expliquent qu’avec le confinement, la région est bien moins bruyante qu’à l’accoutumée, rendant ainsi les bois encore plus agréables qu’ils ne l’étaient déjà.

Randonner dans les Yvelines

Pas de chance, ils ne s’attendaient pas à tomber sur moi, ils n’avaient pas pas assez de café à partager. Toutefois, le temps de plier bagages, nous poursuivons nos conversations. Nous évoquons notamment le sujet des abeilles noires, introduites en forêt de Rochefort par le CNRS il y a quelques années.

Je me remets finalement en route, en direction de Rambouillet, où je dois rejoindre Jeanne en fin d’après-midi. Randonner dans les Yvelines sur le GR1, c’est essentiellement randonner en forêt. En moins d’une heure, je quitte le bois départemental de Rochefort pour m’enfoncer dans la forêt domaniale de Rambouillet. Le long de ses chemins étroits et sinueux, les chênes aux formes les plus étranges défilent défilent devant mes yeux. Ici, aucun arbre ne se ressemble ; parfois, la forêt parait presque enchantée.

A midi, je gagne l’étang de la Tour où je décide de profiter d’un coin d’ombre pour m’installer, déjeuner, et observer les canards qui se chamaillent au bord de l’eau. Très rapidement, le soleil atteint son zénith. Les températures montent en flèche. Je ne dispose plus que d’une seule solution pour affronter ces chaleurs : la sieste.

En fin de journée, je rejoins Rambouillet où je retrouve Jeanne à la sortie de la gare. Elle s’est décidée à me rejoindre pour les quelques jours restants. Nous avons toutefois un problème de taille : la tente que je transporte sur mon dos est une tente conçue pour une personne. Nous verrons ce que ça pourra donner pour les prochaines nuits. En attendant, nous avons pour fêter nos retrouvailles réservé une chambre en Airbnb en centre-ville de Rambouillet.

Découverte de la région parisienne, randonner dans l’Essonne sur le GR1 (part. 2)

Si vous souhaitez randonner dans l’Essonne et visualiser l’itinéraire complet, n’hésitez pas à vous rendre sur la première partie.

📅 Vendredi 15 mai

🥾 20.3 kils
📍 De la Chapelle de Fourche à la Pierre Droite

Aucune comparaison n’est possible. Cette nuit a été bien meilleure que la précédente. Certes, le sol était plus malléable ; mais surtout, j’ai passé la barrière de la première nuit. La barrière de la première nuit, ce sont les inquiétudes à chaque bruit, à chaque craquement de branches ou chant d’oiseaux. C’est la crainte de se retrouver seul, en milieu plus ou moins hostile, dans un confort qui ne ressemble en rien à celui que peut t’apporter le matelas de ton lit (même si comme le mien, il s’agit d’un IKEA premier prix). Mais bon, cette barrière est sautée, on va commencer à s’amuser. Enfin, à mieux dormir.

Pour entamer cette nouvelle journée à randonner dans l’Essonne, je décide d’une première étape à Malesherbes, où j’ai repéré un cimetière. En France, et ailleurs aussi j’imagine, les cimetières disposent très souvent d’un robinet d’eau, idéal pour remplir les gourdes. Quoi qu’il arrive, il me reste une dizaine de kilomètres à parcourir avant d’atteindre ce fameux cimetière. Pour la première fois depuis mon départ, je quitte la forêt pour arpenter des plaines céréalières, qui me rappellent tristement celles que j’ai parcouru il y a quelques mois pour me rendre à Saint Jacques de Compostelle. Néanmoins, dans les plaines de la région parisienne, je prends le temps de m’initier à l’observation des buses. Les buses sont des rapaces de taille moyenne, que l’on retrouve généralement planant au-dessus des champs. On les différencie des milans (dont la ressemblance est souvent troublante), par leur queue.

Pour déjeuner, et après être passé chercher de l’eau au cimetière, je m’octroie une belle et longue pause au bord de l’Essonne. J’y rencontre quelques badauds, mais aussi des marcheurs qui, comme moi, ont décider de vivre le déconfinement sur le GR1.

Je n’étais jamais partis randonner dans l’Essonne et je connaissais encore moins les magnifiques demeures qui y ont été bâties. Depuis Malesherbes, je prends un malin plaisir à observer ces immenses bâtisses, propriétés de riches bourgeois parisiens (je suppose).

Feuilles

Dans l’après-midi, je décide de pousser jusqu’au menhir de Pierre Droite. Comme tous bons menhirs qui se respectent, celui de Pierre Droite ressemble à un immense phallus abandonné par le temps, au milieu d’innombrables terres agricoles qui se sont installées au fil des siècles. En arrivant sur place, je comprends que la forme phallique donne des idées à certains. Deux motards, nus comme des vers et allongés dans l’herbe au pied du menhir, s’adonnent à des activités physiques que je ne prendrai pas le temps de décrire. En tous cas, à leur manière, ils réussissent à rendre honneur à la droiture du rocher qui trône ici.

Après avoir repris nos esprits, l’homme du couple, alors très viril dans son pantalon de cuir, me demande si je compte bivouaquer ici. Je ne lui réponds pas clairement puisque, il s’en doute sûrement, j’hésite à monter ma tente sur une herbe qui a été arrosée de foutre. Peu de temps après, lui et sa compagne quittent le menhir. Je trouve finalement à quelques mètres de là sur une parcelle de culture de pommes de terre, un espace plat qui aux vues des marques au sol doit servir de terrain de manœuvres aux engins agricoles.

Bivouac

📅 Samedi 16 mai

🥾 20.3 kils
📍 De la Pierre Droite au Rocher Bizet

Je me réveille aux côtés de mon champs de pommes de terre. Il n’a pas bougé d’un seul millimètre, la nuit n’aura pas suffit à faire poussé de belles grosses patates.

En partant randonner au cœur de la vallée de l’Essonne, j’emprunte un sentier qui traverse un bois très peu entretenu. Les bois peu entretenus sont faciles à reconnaître. Il n’y a pas meilleure phrase que celle citée par les médias lors du confinement :

La nature reprend ses droits.

Hormis le sentier, seul espace praticable de cet espace forestier, des années de laisser-aller ont permis à la végétation de devenir luxuriante. Une beauté chaotique se dessine peu à peu, l’expression de la nature est à son apogée. A la différence des Landes où les arbres suivent un programme strict, où tout est rectiligne et rien n’est laissé au hasard, les bois et forêts non entretenues empruntent des chemins aux directions variées, où la plus petite des branches, même morte et gisant au sol, peu jouer un rôle déterminant dans le développement d’un écosystème. Une sorte d’effet papillon en fait.

Après m’être laissé bercer par les pics épeiches, je me décide à reprendre la marche en direction de Boutigny-sur-Essonne, charmante petite bourgade. En chemin, je laisse derrière moi une ancienne carrière, amusante je dois dire puisqu’elle s’inscrit à l’exact antipode de la forêt dans laquelle j’écoutais les pics il y a encore quelques minutes.

Une carrière, c’est creuser un énorme trou, comme si nous cherchions à atteindre les enfers ; c’est déterrer des roches enfouies depuis des millions d’années (si ce n’est plus) ; c’est déranger un sol qui n’a rien demandé à personne. Et pour quelle raison ? Pour permettre à l’Homme de se construire quatre murs, de vivre de manière sédentaire, dans une maison dont le seul charme ne sera pas la beauté du lieu, mais les tristes souvenirs d’une vie monotone, alimentée par un mariage, des enfants, un chien, des vacances dans un camping quatre étoiles du sud de la France. Finalement, creuser pour bâtir, ne serait-ce pas une certaine forme d’analogie ?

Dans l’après-midi, j’entreprends une longue pause à l’arrière d’une salle des fêtes. Un robinet y est installé, c’est l’occasion de reprendre de l’eau et de se laver. Je profite aussi de l’instant pour m’assoupir, au soleil, sous une légère brise qui tend à le rafraîchir le corps.

Pour mon bivouac, j’ai repéré un lieu perché à plus de cent mètres (une haute altitude en Île-de-France), le Rocher Bizet, qui surplombe le village de Boissy-le-Cutté. En arrivant sur place, je suis agréablement surpris par le panorama que propose l’endroit : à mes pieds, le petit village de Boissy, plein de vie (enfin, essentiellement des bruits de moto-cross) ; face à moi, un soleil qui peine à passer sous l’horizon. Je n’aurais pas pu trouver meilleur endroit pour apprécier le crépuscule.

Malheureusement pour moi à la nuit tombée, une horde de jeunes pour la plupart mineurs et répondants aux prénoms aussi beaufs qu’américanisans (Melvin, Dylan, Kylian, et j’en passe), décide de venir profiter du Rocher Bizet. Aussi, ils arrivent accompagnés d’une playlist dont l’artiste phare n’est ni plus ni moins que Gims, et équipés d’une hache pour apprendre à devenir bucheron sans doute (ou un homme peut être ?). Bref, je m’y attendais : quand la voix de Gims résonne dans toute la vallée et surtout dans la tente, je me lève pour partager avec eux cet agréable moment. Et quelle bonne surprise ! Ils ont démarré un feu et la vodka coule à flot.

Vers trois heures du matin, c’est différent. La vodka se fait rare, sauf dans les veines de nos jeunes incompris. Brian lance son déodorant Axe Cuir Cookies dans le feu, excellente idée. Marvin lance un concours de coup de poings (où les chevalières sont autorisées), excellente idée. La situation dérape vraiment lorsque je retrouve Melvin, que je suppose d’ailleurs être le leader de la troupe puisque s’il n’était pas aussi con son charisme pourrait servir la société, dans ma tente. Dans un élan de fureur, j’attrape Melvin par le col de son magnifique jersey bleu du Real Madrid pour le faire valdinguer quelques mètres plus loin. Il se relève, me regarde et demande : « Bah quoi ? J’ai rien fais ».

Ce bougre de con me balance alors pléthore d’excuses, m’indiquant qu’il n’avait jamais vu une tente comme la mienne donc qu’il s’était octroyé une visite de courtoisie ; ou encore, qu’il ne fallait pas que je vive dans une tente si je ne voulais pas que l’on y pénètre. A ce moment là, je comprends. Je comprends qu’il n’est peut être pas si con qu’il en a l’air, mais plutôt que nos éducations ont été différentes. Et tant mieux pour moi. Par tous les moyens, j’essaie de le résonner. Quelques uns de ses camarades se joignent à nos échanges, certains se rangent de mon côté. Nos discussions durent environ vingt minutes, au terme desquelles Melvin comprends qu’il doit s’excuser. Enfin. Merci.

Il est quatre heures. Tout le monde part se coucher.

📅 Dimanche 17 mai

🥾 17.8 kils
📍 Du Rocher Bizet au Bois de Baville

Je me réveille un peu vexé de la veille. Un type, même pas majeur, a quand même pénétrer dans ma tente. Dépité et fatigué (il est huit heures, je n’ai dormi que quatre heures), je me remets en route. A peine descendu dans le bourg de Boissy-le-Cutté, la température me prend au corps. Il est à peine huit heures passées, j’ai déjà chaud. La journée risque d’être longue.

Je découvre en cette cinquième journée à randonner dans l’Essonne un département peuplé de moto-cross, de dépôts d’hydrocarbures, de pièges à lièvres artisanaux mais aussi de campings naturistes. Avec le recul, je me dis que ce mélange aurait finalement pu faire de cette portion du GR1 la meilleure portion. Mais non. Plus tard dans la matinée, je traverse de jolies petites bourgades à l’instar de Lardy et Torfou (avec un penchant très particulier pour la seconde). Aussi, nous sommes le premier dimanche du déconfinement, des armadas de randonneurs parisiens déferlent sur les sentiers du GR1. Aux alentours des quelques gares TER que je passe, il m’est fréquent d’entamer une conversation.

Pour déjeuner, je m’octroie une longue pause en bord de chemin, qui prend d’ailleurs des airs de sieste plutôt que de pause casse-croûte.

En fin d’après-midi, j’arrive en bois de Baville, situé entre Boissy-sous-Saint-Yon au nord et Saint-Sulpice-de-Favières au sud (nous ne sommes pas au Groland). J’y fais la rencontre de Daphné (sans e à la fin comme elle le précise), qui habite le coin depuis deux ans et qui bivouaque souvent. Après quelques échanges, elle propose de m’emmener jusqu’à un endroit qu’elle connait comme tranquille. Aux vues des évènements de la veille, j’hésite. Mais quelques secondes suffisent à me décider de la suivre.

Après une vingtaine de minutes à arpenter des sentiers de sables, typiques des pinèdes que l’on trouve dans la région, c’est chose faite. L’endroit est à l’abri des regards, derrière des blocs de grès. Seul bémol, le panneau rouge sur lequel est indiqué en lettres majuscules : ATTENTION AUX VIPÈRES.