11/10

đź“… Saint Jacques de Compostelle – Journal de bord – 11/10

đź“Ť Chapelle de Soyarza – Saint Jean Pied de Port
🥾 28
⏱️ 07:45
🌡️ Soleil
⛺ Halte jacquaire municipale de Saint Jean Pied de Port
đź“‹ DĂ©tail des Ă©tapes

Il est 06 heures quand j’ouvre les yeux pour la première fois. Comme nombreux de mes bivouacs, je me rĂ©veille surpris par les douleurs intenses que provoque l’épaisseur de mon matelas. Sauf que ce matin, Ă  la diffĂ©rence de ces nombreux bivouacs, j’assiste Ă  un lever de soleil diffĂ©rent. Derrière les PyrĂ©nĂ©es que je peine Ă  observer dans la pĂ©nombre de l’aube, une palette de couleurs variant d’un noir profond Ă  un orange sanguin que je ne saurais dĂ©crire apparaĂ®t tout doucement. En fait, la beautĂ© de ce que j’observe est difficilement descriptible. Je prĂ©fère ne pas rĂ©flĂ©chir, je prĂ©fère contempler et me rendormir peu Ă  peu. 

Une heure plus tard, je me rĂ©veille dĂ©finitivement. Le ciel n’a plus ses allures fĂ©Ă©riques, mais la montagne a conservĂ© son charme qui, quoi qu’il arrive, reste apaisant. Je range mon sac, m’assois sur un banc voisin pour manger une banane, et observe ce paysage une dernière fois avant de reprendre le chemin. 

Il est agrĂ©able de marcher tĂ´t le matin. L’air est frais, les animaux sont de sortie, et la brume qui se lève sur les champs apporte un cĂ´tĂ© mystique Ă  l’aventure. Par contre, lorsqu’un chien saute par dessus sa grille pour te courir après, tu as tendance Ă  vite redescendre. Alors que je m’avance vers le centre-bourg d’Ostabat, j’entends derrière moi des aboiements. Je me retourne pour m’apercevoir qu’à quelques mètres seulement, un chien a dĂ©cidĂ© de me prendre en chasse. Une main sur le couteau, l’autre main tendue vers le clĂ©bard, je commence d’une voix douce Ă  tenter un premier contact avec l’animal. 

Doucement mon petit, je passe mon chemin, tu n’as rien Ă  craindre. 

En rĂ©pĂ©tant peu fièrement ces quelques mots, je recule en le fixant du regard jusqu’à ce qu’il dĂ©cide de se calmer. Après quelques pas Ă  marcher Ă  reculons, je gagne la bataille. Le chien cesse ses aboiements et rebrousse chemin. 

Ostabat est une petite ville mignonne. Comme beaucoup de ces villages que j’ai traversé, presque tous les commerces ont disparu. Mais ici, l’architecture des bâtiments et l’accent très prononcé de ses vieux habitants rendent la ville bien plus charmante. Je m’arrête au seul commerce de la ville, un bar/épicerie/lieu de vie, où les anciens du village se donnent rendez-vous tous les jours, pour parler potins et acheter une baguette. Pendant que je commande un café, je m’installe au comptoir du troquet où un local tente d’entamer la conversation. Je comprends un mot sur deux. Nous n’irons pas bien loin.

Au plus je m’approche de Saint-Jean-Pied-de-Port, au plus je croise des pèlerins. Tout doucement, je comprends que je ne serai bientôt plus seul sur les chemins que j’emprunterai jusque Compostelle. Je croise notamment deux belges, Audrey et Serge. Audrey est partie il y a un mois du Puy et comme moi, elle bivouaque de temps à autres. Pas comme moi par contre, elle casse les noisettes avec ces dents et se lave dans les rivières… Serge quant à lui marche depuis quelques jours. Peu habitué à la randonnée, il a décidé de rejoindre Audrey sur la fin de son parcours. 

Pour dĂ©jeuner, je m’installe sur le bas cĂ´tĂ© d’une petite route de campagne, auprès de chevaux en semi libertĂ©. MĂŞme s’ils reluquent mon magnifique saucisson achetĂ© Ă  Saint Palais et qu’en consĂ©quence, je ne suis pas très serein, les canassons apportent une ambiance cow-boy Ă  la pause, et c’est sympa. 

J’arrive finalement Ă  Saint Jean Pied de Port en milieu d’après midi. Je prends le temps d’effectuer quelques achats, d’envoyer une lettre Ă  Jeanne, de siroter un Pulco Citron, de croiser Christian et Claudette, mais surtout de faire la rencontre de Martin. Nous faisons connaissance dans l’auberge municipale de la ville (que je recommande par ailleurs puisque très peu chère et bien conviviale). Martin est un jeune suisse parti de Genève, Ă  1000 kilomètres de lĂ . Il bosse dans l’informatique et quand il rentrera au pays, il devra passer son service militaire. Nous dĂ©cidons finalement de dĂ®ner ensemble. 

Halte jacquaire municipale de Saint Jean Pied de Port

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