Note aux futurs épris de bivouac (en France et ailleurs)

Déconfinement oblige, tout le monde se pose la question. À peine ai-je tapoté l’icône Google Chrome de mon smartphone qu’apparait une pelle d’articles sur la possibilité, ou non, de camper de manière sauvage. Autrement dit, s’il est possible de pratiquer un bivouac en France.

Par curiosité, j’hésite à ouvrir l’un d’entre eux puis je réfléchis. D’une part, sur les 360 derniers jours (COVID et confinement mis à part) j’ai dormi plus de nuits sous les étoiles que sous une charpente ; en conséquence, je peux me passer de conseils. D’autre part, une bonne partie de ces articles sont probablement le fruit de journalistes qui n’ont jamais dormi dans une tente autre que celles que tu montes en « deux secondes » et que tu installes au fond de ton jardin pour donner le goût de l’aventure à tes bambins.

Camping sauvage ou bivouac ?

On ne va pas se mentir, je préfère largement le bivouac au camping sauvage. Le bivouac n’emploie ni le mot camping qui me rappelle en France Franck Dubosc et sa Danse des Tongs, ni le mot sauvage qui implique un processus sans foi ni loi (selon les dictionnaires, le nom sauvage peut faire référence à un homme brutal violent ; l’adjectif sauvage peut définir un nom comme spontané et en dehors des règlements).

Je considère le bivouac comme un art, une philosophie, qui se caractérise par l’amour de la nature et le respect d’autrui. Si certains imaginent qu’il suffit de planter une tente pour bivouaquer, d’autres savent que ce geste doit s’effectuer dans le respect de règles essentielles.

Bivouac en France

Quelques règles d’or pour dormir dehors

Depuis que je marche en itinérance, j’ai compris que certaines règles (exhaustives) étaient à respecter pour le bien être de tous.

  1. Un bon bivouac est un bivouac organisé. Celui qui avance en itinérance se muni toujours d’une carte sur laquelle il peut repérer en avance des lieux potentiellement bivouacables. Aussi, celui qui avance en itinérance se rappelle qu’un bon bivouac s’effectue loin des zones urbaines (notamment en France où la notion de propriété privée se veut très respectée).
  2. Un bon bivouac est un bivouac simple. Celui qui avance en itinérance peut bivouaquer sans le matériel parfois trop haut de gamme de nos influenceurs favoris. J’ironisais un peu plus haut sur les tentes deux secondes de notre enseigne bleue préférée mais tant que la nature est respectée, le plus sommaire des équipements est amplement suffisant.
  3. Un bon bivouac est un bivouac malin. Si possible, celui qui avance en itinérance campe auprès d’une source d’eau, répondant naturellement à des critères pratiques. Les férus d’hygiène ou les cuisiniers en herbe comprendront pourquoi.
  4. Un bon bivouac est un bivouac confortable. Celui qui avance en itinérance favorise les terrains plats, aux surfaces agréables (note pour plus tard : apprendre à lire les légendes et les courbes de niveaux sur les cartes topographiques).
  5. Un bon bivouac est un bivouac respectueux. Celui avance avance en itinérance se renseigne sur les zones qu’il traverse. Certains parcs en France (et ailleurs dans le monde) pratiquent des règles strictes, visant à maintenir le bon développement des écosystèmes. Ainsi, celui qui avance en itinérance garde à l’esprit que plusieurs zones nécessitent une sensibilité plus accrue que d’autres. Il réfléchit avant de monter son bivouac sur une surface où la faune est protégée. Il évite ainsi dans certaines zones le hors piste ; il range au fond de son sac sa virilité avant de démarrer un feu, bien souvent non nécessaires et surtout dangereux aux vues des conditions environnantes parfois chaudes, sèches, et venteuses.
  6. Un bon bivouac est un bivouac court. A la différence du camping sauvage, le bivouac ne dure qu’une nuit. Il ne s’agit pas de monter un camp pour plusieurs jours. La nature appartient à tous, il convient donc de ne pas la privatiser. Si celui qui avance en itinérance désire se reposer plusieurs jours, certains campings proposent des formules très intéressantes.

Le plus important

Le plus important pour un bon bivouac reste la discrétion. C’est précisément ici que se joue la différence avec son lointain cousin le camping sauvage. Celui qui avance en itinérance emprunte du coucher au lever du soleil un bout de nature. Il s’installe pour une nuit seulement, sur un espace qu’il se doit de respecter et de laisser intact. Un écrivain et aventurier très souvent en itinérance écrivait d’ailleurs à ce sujet :

Lorsqu’on quitte un lieu de bivouac, on prend soin de laisser deux choses. Premièrement : rien. Deuxièmement : ses remerciements.

Sylvain Tesson dans Les Forêts de Sibérie

Rien ne vaut un endormissement sous un ciel étoilé, parsemé de lumières filantes qui survolent avec indécence la lune, plus belle astre de la nuit. Ce luxe, il convient de l’emprunter plutôt que de se l’approprier. C’est ainsi qu’un bon bivouac doit se réaliser, de manière éphémère, sans déranger ceux qui étaient là avant nous, et qui le seront aussi après.

Pour aller plus loin

La toile regorge d’informations sur les sujets du bivouac. Il suffit d’une recherche Google pour s’en rendre compte. Pour compléter le sujet, un article des Others fournit lui aussi beaucoup de bonnes informations sur la possibilité d’un bivouac en France.

Concernant mon blog, je ne publie pas directement de billets à propos de mes emplacements favoris. Néanmoins, vous pourrez retrouver certains de mes emplacements dans les billets à propos de la France, de la Norvège, ou encore du Maroc.

Maintenant, il ne reste plus qu’à devenir celui en itinérance. De partir en nature et de trouver un spot où passer la nuit. Mais surtout, on n’oublie pas, on reste discret !

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