Parc national de Rondane en moins d’une semaine

Si nous avons par simplicité choisi de commencer par Oslo, nous avons surtout par soif de découvertes décidé de rapidement quitter la capitale. La Norvège regorge de fantastiques paysages, où montagnes, lacs et forêts s’entremêlent. Il n’est pas rare de scroller son fil Instagram et de tomber sur ces photos qui semblent irréalistes. Ces photos, capturées au milieu de nul part, illustrées par des randonneurs qui prennent la pose perchés sur des rochers, ou encore, sur des crêtes hautes de plusieurs centaines de mètres d’altitude, qui longent des lacs aux couleurs bleues turquoises.

Nous avons jeté notre dévolu sur le parc national de Rondane. Connu pour être le premier parc à avoir été officiellement listé comme parc national par la Norvège en 1962, Rondane est un parc relativement plat (ses plus hauts sommets dépassent les 2000 mètres d’altitude) et aux paysages variés. Notre itinéraire a été simplement conçu : après avoir rendu visite à l’office DNT d’Oslo, nous avons défini notre point de départ à la gare de Hjerkinn, et notre point d’arrivée à l’arrêt de bus de Spranget, situé sur un parking a quelques kilomètres du refuge le plus au sud du parc et surtout, de la ville d’Otta.

Itinéraire

📅 6 jours
🥾 65 kils
🏔 2320 D+ / 2310 D-
📍De la gare de Hjerkinn à l’arrêt de bus de Spranget

🚅 La gare de Hjerkinn, au nord du parc de Rondane, se situe sur la ligne de train Oslo – Trondheim, l’une des lignes les plus fréquentées du pays. Des trains partent ainsi assez régulièrement tout le long de la journée. Pour limiter le prix, pensez à réserver à l’avance ou alors à prendre vos places en tarifs étudiants.

🚌 L’arrêt de bus du parking de Spranget (parking situé à 6 kilomètres au sud ouest du refuge de Rondvassbu, dans le sud du parc de Rondane), propose des bus en direction d’Otta, ville qui disposent d’un camping, d’hôtels et de supermarchés, idéal pour refaire le plein ! Le bus dessert l’arrêt plusieurs fois par jour. Il est possible de directement prendre les billets auprès du chauffeur.

Pour information, les coordonnées GPS fournies dans ce billet sont approximatives. N’ayant pas l’équipement adéquat, nous nous sommes contentés d’une carte et d’une boussole pour les obtenir. N’hésitez pas à copier/coller les coordonnées dans Google Maps si vous désirez vous y rendre !

💡Les liens utiles :

  1. Pour se rendre facilement à Rondane
  2. Obtenir un rapide aperçu du parc
  3. Préparer sa randonnée

📅 Jour 1

🥾 13 kils
🏔 350 D+ / 50 D-
📍 De la gare de Hjerkinn à 62.11666, 9.61666

Après 4.30 heures de train depuis Oslo, il n’est pas loin de 13.00 quand nous posons les pieds à la gare de Hjerkinn. A ce moment très précis, c’est une grande claque qui vient s’abattre sur notre joue droite. Sur la carte, Hjerkinn semble être une ville de plusieurs centaines (voire milliers) d’habitants. En fait non. La gare est au milieu de nulle part. A vrai dire, nous ne sommes même pas encore dans le parc de Rondane. Quelques passagers descendent en même temps que nous, eux aussi avec un sac sur le dos. Tout le monde se regarde et tout le monde range son sac pour une ultime fois. Il s’agit de partir maintenant.

Sur les premiers sentiers empruntés, nous nous retrouvons face à un vaste paysage, dépourvu de civilisation (mais pas totalement puisque nous avons toujours de la 4G). Le départ de la gare s’est fait en dessous des 1000 mètres d’altitude. Nous avons ainsi pu profiter d’une végétation assez riche, et encore humide des pluies tombées quelques jours auparavant.

C’est au bout de quelques kilomètres que nous prendrons notre seconde claque (sur la joue gauche cette fois ci). Après quelques minutes de dénivelé positif, nous nous faisons face à un vaste paysage, cette fois ci complètement dépourvu de civilisation (le réseau a complètement disparu). La végétation n’est pas très dense à cause du climat polaire, me dit Jeanne. Au loin, on entend le chant de quelques oiseaux. Certains sont particuliers, comme cet oiseau emblématique du pays, qui siffle plus qu’il ne chante. Maintenant, il n’y a plus de doute, nous sommes bien arrivés à Rondane.

Environ 13 kils plus tard, nous décidons de monter la tente. Si en Norvège le soleil ne se couche presque jamais à cette période de l’année, nos souhaitons malgré tout profiter de lui de derniers instants avant qu’il ne parte se réfugier derrière les montagnes qui nous entourent.

📅 Jour 2

🥾 15 kils
🏔 410 D+ / 580 D-
📍De 62.11666, 9.61666 à 62.03789, 9.68647

Première nuit en pleine nature. Par chance, nous bénéficions depuis notre départ d’une température clémente. En conséquence, dormir a été plutôt agréable mais, le réveil sous le soleil presque brûlant qui est levé depuis 04.00 un peu moins. Après un petit déjeuner à base de barres de céréales, nous prenons le temps d’apprécier le paysage avant de ranger nos affaires pour reprendre la route, direction le sud du parc.

Nous prendrons une première pause au refuge Grimsdalshytta. Entre café à volonté, sandwichs à base de jambon et fromage local et passages aux toilettes (le tout pour une vingtaine d’euros), nous prenons le soin d’étudier la carte pour mieux appréhender notre itinéraire. En d’autres termes, nous venons de nous spoiler les plusieurs centaines de mètres de dénivelé positif qui nous attendent. Toutefois, la surprise prévue à l’issue de l’ascension de ce dénivelé sera de taille : une vue à 180 degrés sur la vallée de Grimsdalen, au coeur de Rondane.

Notre repas du midi s’accompagne d’une rencontre avec un local. Un norvégien pur souche originaire d’Otta, dont le nom ne sera pas écrit puisque ma mémoire me fait défaut. Il prend plaisir à échanger avec nous, probablement lié au fait qu’il croise peu de trekkers non norvégiens à cet endroit. Nous avons aussi le droit à quelques anecdotes à propos de ses randonnées dans Rondane, de ses enfants, mais surtout à propos d’un aigle qu’il aurait rencontré sur le sommet voisin, et dont il aurait conservé un plume en souvenir.

Enfin bref, le temps passe vite. Nous poursuivons notre route vers le lac Storrvatnet (avec du dénivelé négatif uniquement cette fois ci). Des cabanes ont été construites sur les bords du lac. Nous prenons le soin d’y jeter un coup d’œil : aux vues des lockers qui contiennent probablement les clés, nous supposons qu’il doit s’agir de cabanes qui peuvent être louées auprès des offices DNT. A noter pour un prochain trek : penser à se renseigner pour dormir dans ces petits bouts de paradis.

Le norvégien croisé quelques kilomètres auparavant nous avait vanté les mérites des gaufres typiquement norvégiennes vendues par le refuge de Haverdalseter. Malheureusement il est 17.00. Et à cette heure ci, les gaufres, c’est fini. Ainsi, nous nous contentons d’une pause et d’eau fraîche.

Il est 19.00 quand nous décidons de planter notre tente, à deux kilomètres après Haverdalseter. Une fois encore, le décor est plus qu’appréciable. Je ne détiens pas le vocabulaire suffisant pour le décrire, les photos parleront d’elles mêmes.

📅 Jour 3

🥾 12 kils
🏔 440 D+ / 460 D-
📍 De 62.03789, 9.68647 à 61.98749, 9.80009

Réveil cette fois plus compliqué. Les moustiques n’ont cessé de voler durant la nuit. La piqûre qui a doublé la taille de ma paupière en fait un parfait témoin. Une fois quelques barres de céréales englouties, nous décidons d’ouvrir la tente et… bordel il fait pas beau ! Première épreuve thermique de ce voyage : se lever dans une humidité fraîche et abondante, accompagnée d’un brouillard qui laisse à peine apercevoir les montagnes que nous contemplions hier encore.

Sur les coups de 10.00, nos sacs sont prêts. Nous partons pour 1.30 heures de marche à moins de 1000 mètres d’altitude, dans un environnement où les neiges et glaciers de l’hiver laissent place à divers marécages et tourbières durant l’été. En fait, un environnement où les moustiques règnent en maîtres.

J’ai compté 17 moustiques sur ton sac.

Jeanne, vers 11.00 quand nous empruntons un sentier boueux.

Nous arrivons finalement peu avant midi au pied d’un pont, qui nous sépare de l’ascension du col du Dørålsglupen, soit une pente à 14% sur 3 kilomètres. BONHEUR. A l’issue d’une tisane « Relaxation » et d’un rafraîchissement dans la rivière qui coule sous le pont, il est l’heure de monter. Il est un peu plus de midi, les nuages de la matinée ont laissé la place à un ciel bleu, et ce col mythique de Rondane n’attend plus que nous !

L’ascension qui nous semblait initialement compliquée de par son profil, s’est faite finalement sans encombre. Les multiples pauses prises pour admirer le paysage nous auront permis de reprendre notre souffle régulièrement.

Arrivés au sommet, nous sommes face à un décor rocailleux. Pas un bruit, ni même celui du vent, vient déranger notre tranquillité. Nous décidons de nous installer le temps d’une ration lyophilisée avant de reprendre la route. En une heure à peine, nous rejoignons le refuge de Øvre Dørålseter qui sera, le temps d’une bonne heure, un lieu de repos et détente où la bière coulera à flot (mais pas trop quand même parce que la canette de 50cl coûte pas loin de 10 euros…).

Nous choisissons finalement pour notre nuit, un spot à quelques kilomètres du refuge, dans un cadre lui aussi très agréable. Un peu moins de moustiques certes, mais sans doute à cause du vent qui s’est levé.

📅 Jour 4

🥾 10 kils
🏔 120 D+ / 130 D-
📍 De 61.98749, 9.80009 à l’embarcadère pour Rondvassbu (61.9098, 9.8035)

Lors de notre apéro la veille, nous avions entendu parler de la traversée du lac Rondvatnet en bateau. Alors pourquoi pas ? Carte en main, nous comprenons que le bateau nous évite plusieurs kilomètres de marche, mais surtout le risque d’avoir à randonner sous la pluie. En effet, la météo a radicalement changé durant la nuit : les nuages semblent bien chargés, au point d’en devenir menaçants. L’embarcadère se trouve quant à lui à 3-4 heures de marche. Il est 08.00, nous préférons ne pas perdre trop de temps pour s’assurer de ne pas louper le bateau de 15.15.

La route jusque l’embarcadère est agréable. Peu de dénivelé. Un vent frais qui nous évite toute transpiration intensive. Aussi, une certaine humidité qui offre un décor que nous n’avions jamais expérimenté jusque là.

Nous arrivons au ponton à 12.15. Au top ! Nous disposons de trois heures pour déguster nos instant noodles. Jeanne repère une pseudo construction de pierres à quelques mètres du ponton : il s’agit de pierres disposées les unes sur les autres qui, in fine, réussissent à former trois murs, soit en d’autres termes, un abri.

Trois heures à tuer… pour s’occuper, Jeanne installe délicatement le tarp sur les arrêtes des murs pour nous construire un toit. Si beaucoup se demande à quoi ce tarp pouvait nous servir depuis le début de notre voyage, je peux maintenant vous affirmer qu’il nous aura bien abrité de la tempête qui a suivi : bourrasques de vent et averses à foison !

Il est 15.15 quand nous sommes à quelques minutes de mourir de froid et quand le bateau arrive au ponton. La traversée du lac est brève mais suffisante. Les plaids que nous trouvons dans la cale ont fait notre grand bonheur, et surtout le meilleur remède contre le froid qui nous avait gagné. En arrivant au refuge de Rondvassbu, qui s’avère être un vrai basecamp pour beaucoup d’itinéraire dans le parc de Rondane, nous nous octroyons pour la première fois une nuit en refuge. Un moyen d’éviter la pluie et d’essayer les installations locales.

📅 Jour 5

🥾 9 kils
🏔 1000 D+ / 1000 D-
📍 De Rondvassbu à 61.87451, 9.80059

Notre nuit entre quatre murs a finalement été une bien sage décision. Dix heures auront, cette nuit, permis d’effacer une bonne partie de nos cernes.

Pour la journée, nous avons décidé de partir sur un one day hike. Plus exactement, nous avons décidé de partir à l’ascension du Storronden, l’un des sommets les plus élevés de Rondane. Aussi, la possibilité de laisser une partie de notre gear au refuge, et donc de partir très léger, à été l’un des facteurs qui nous a poussé à cette faire cette ascension.

Le Storronden est un sommet qui culmine à plus de 2138 mètres d’altitude. Depuis le refuge, l’ascension n’est pas très longue en distance, seulement 4 kilomètres. En temps, il faut par contre compter presque trois heures. Le sentier est assez rocailleux et sollicite souvent un peu de gymnastique.

Le sommet nous offre une vue sans précédent sur une bonne partie du parc. De plus, le ciel bleu qui nous accompagne depuis le début de la journée nous délivre des conditions météorologiques agréables.

Il est presque 16.00 lorsque nous redescendons à Rondvassbu. Pour cette nuit, nous trouverons au bord d’une rivière à plusieurs centaines de mètres du refuge un emplacement dont le panorama n’est ni plus ni moins que le Storronden et son sommet supérieur à 2000 mètres. La meilleure manière de s’endormir avec un sentiment de victoire.

📅 Jour 6

🥾 6 kils
🏔 0 D+ / 90 D-
📍 De 61.87451, 9.80059 à l’arrêt de bus de Spranget

Dernière journée à Rondane. Elle sera très brève puisque seulement quelques kilomètres séparent notre tente du parking de Spranget où se trouve le bus qui nous amènera à Otta. Randonner cette journée sera chose facile. 95% du trajet se fera sur une route… Heureusement, et à la différence du beau ciel bleu qui a égayé notre réveil, un peu de pluie est tombée à l’arrivée, histoire de rendre la marche un peu plus coriace ! Maintenant, il ne reste plus qu’à penser à notre prochain objectif : le parc de Jotunheimen.

📸 Photographies par Jeanne et Simon

4 commentaires sur « Parc national de Rondane en moins d’une semaine »

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