Trolltunga ou « La langue du troll »

Derniers jours, derniĂšres dĂ©couvertes, dernier trek, derniers pas dans la nature. Pour notre ultime semaine en NorvĂšge, nous avons dĂ©cidĂ© de changer d’ambiance par rapport Ă  Rondane et Jotunheimen. Notre choix se porte sur un nouveau trek autour du Trolltunga, un lieu mythique, mais bien plus populaire, comme on en trouve quelques uns en NorvĂšge.

Avec un rocher aux allures de menhirs d’Obelix qui surplombe le fjord sur le quel il est posĂ©, le Trolltunga est sans doute l’un des lieux les plus photographiĂ©s et photogĂ©niques de toute la Scandinavie. A titre d’exemple, le hashtag #trolltunga recense 153k publications sur Instagram. L’attrait pour ces photographies gĂ©nĂšre un afflux touristique rarement observable en NorvĂšge. Certains locaux nous ont affirmĂ© qu’aux pĂ©riodes de fortes affluences, il Ă©tait parfois nĂ©cessaire d’attendre en ligne plus de deux heures pour une photographie dont le temps de pose ne dĂ©passe pas les trente secondes.

Autre Ă©lĂ©ment Ă  prendre en compte, il est possible de se rendre sur le fameux rocher, de prendre une photo, et de rentrer Ă  la maison, en une journĂ©e. Des parkings sont situĂ©s de l’autre cĂŽtĂ© du fjord, Ă  une quinzaine de kilomĂštres du site (soit dix heures de marche aller-retour environ). Ainsi, la facilitĂ© d’accĂšs a rendu le lieu d’autant plus populaire. Enfin bref, pour nous, ce sera un trek de quatre jours, parce qu’on essaie de ne pas ĂȘtre des touristes comme les autres.

Itinéraire

📅 4 jours
đŸ„Ÿ 37 kils
🏔 2040 D+ / 1315 D-
📍 De la gare de bus d’Odda au parking du lac Vetlavatnet

🚌 La ville d’Odda, principale point de chute pour se rendre au rocher du Trolltunga se situe Ă  un peu moins de 150 kils au sud est de Bergen. Via les applications EnTur ou Skyss, il est facile de trouver des billets pour s’y rendre. A l’aller, nous avons choisi trois heures de bus sans changement en partance de la gare de bus de Bergen. Au retour, nous avons prĂ©fĂ©rĂ© mixer bus et ferry pour environ quatre heures au total (parce que le bateau dans les fjords c’est quand mĂȘme joli).

Pour information, les coordonnĂ©es GPS fournies dans ce billet sont approximatives. N’ayant pas l’Ă©quipement adĂ©quat, nous nous sommes contentĂ©s d’une carte et d’une boussole seulement pour les obtenir. N’hĂ©sitez pas Ă  copier/coller les coordonnĂ©es dans Google Maps si vous dĂ©sirez vous y rendre !

💡 Les liens utiles :

  1. Les infos sur le Trolltunga
  2. Préparer sa randonnée

📅 Jour 1

đŸ„Ÿ 3 kils
🏔 1120 D+ / 0 D-
📍 De la gare de bus d’Odda à 60.07411, 6.58353

Il est presque midi alors que nous montons dans le bus qui dessert Odda, ville Ă©tape pour les marcheurs qui dĂ©sirent se rendre au Trolltunga. Trois heures nous sĂ©parent de Bergen, oĂč nous avons passĂ© la nuit, de notre destination. Pile le temps nĂ©cessaire Ă  la prĂ©paration psychologique dont nous avons besoin pour ce qui nous attend Ă  Odda : 1000 mĂštres de D+ sur 2 kilomĂštres ! Pour les matheux, on notera que 1000 mĂštres de D+ divisĂ©s par 2000 mĂštres de marche, multipliĂ©s par 100 correspond Ă  une pente Ă  50 %… Au top !

La montre affiche 15.00 quand nous posons le pied Ă  Odda. Notre premiĂšre mission : trouver un repas. Nous avions lu un blog quelques jours auparavant qui adressait des louanges aux repas « traiteurs Â» des supermarchĂ©s. Avec un Spar en vue, nous ne perdons pas de temps : nous offrons Ă  notre estomac d’excellentes cuisses de poulet marinĂ©es dans une sauce paprika, accompagnĂ©es d’un gratin dauphinois tout juste sorti du four. En conclusion, mĂȘme si nos doigts sentiront le paprika pendant 48 heures, nous recommandons les « traiteurs Â» des supermarchĂ©s norvĂ©giens !

A la suite de ce repas, il est temps de prendre la route. Il est plus de 16.00 et nous avons une belle montĂ©e qui nous attend pour la digestion. Au fur et Ă  mesure de notre ascension, diffĂ©rents paysages s’offrent Ă  nous. Sur les 150 premiers mĂštres de dĂ©nivelĂ©, nous restons en ville. Nous traversons notamment un lotissement trĂšs sinueux oĂč les routes forment des lacets qui donneraient probablement du fil Ă  retordre aux coureurs du Tour de France. Les habitations du quartier se ressemblent. L’armature des maisons en bois peints de couleurs vives et variĂ©es sont trĂšs typiques. Pas de photos malheureusement, j’ai trop chaud et surtout, j’ai encore les doigts gras du poulet d’il y a une heure.

Sur les 600 mĂštres de dĂ©nivelĂ© qui suivent, nous traversons une grande forĂȘt de pins noirs. Il y fait sombre, frais, et le silence rĂšgne. Nous nous octroyons des pauses rĂ©guliĂšres pour reprendre notre souffle, mais surtout pour tenter d’apercevoir des lynx (que nous ne verrons jamais, sauf sur Google Image). Enfin, les derniers mĂštres de dĂ©nivelĂ© nous emmĂšnent sur des paysages proches de ceux que l’on a pu cĂŽtoyer lors de nos prĂ©cĂ©dents treks. De grands espace, de la toundra, et une vue imprenable sur le monde qui nous entoure.

ÉpuisĂ©s par la montĂ©e, nous ne tardons pas Ă  monter la tente sur une immense pleine dont la toile de fond n’est ni plus ni moins l’un des plus grands glaciers du pays : Buarbreen. Il est 22.00, nous tombons peu Ă  peu dans les bras de MorphĂ©e.

Vallée Odda

📅 Jour 2

đŸ„Ÿ 4 kils
🏔 340 D+ / 460 D-
📍 De 60.07411, 6.58353 au refuge de Mosdalsbu

Le rĂ©veil se fait en douceur. Il est 08.00 et le soleil commence Ă  chauffer le nylon de la tente. Nos sacs de couchage sont recouverts par la rosĂ©e. Nous avions dĂ©cidĂ© de dormir les portes de la tente ouvertes pour profiter d’un ciel Ă©toilĂ©… sans penser Ă  l’humiditĂ© des douces nuits norvĂ©giennes.

AprĂšs avoir repliĂ© nos affaires, nous reprenons l’ascension entreprise la veille. Il ne nous reste que quelques centaines de D+ pour atteindre le MĂžyfallsnuten, l’un des sommets les plus hauts du secteur, Ă  1466 mĂštres. La modification des paysages se poursuit jusqu’au sommet. La toundra dans laquelle nous dormions disparaĂźt peu Ă  peu, pour laisser place Ă  un environnement rocailleux, semblables Ă  ceux que l’on a pu rencontrĂ© sur d’autres sentiers.

Au sommet, nous profitons d’une pause pour nous ressourcer. Niveau nutritif, quelques barres de cĂ©rĂ©ales font l’affaire. Niveau spirituel, nous prĂ©fĂ©rons nous concentrer sur le paysage qui nous entoure : au plus loin, le glacier de Buarbreen qui ne nous quitte plus depuis notre dĂ©part ; au plus proche, ces roches, froides et sans vie, qui recouvrent entierement le sol ; entre les deux, le fjord d’Odda, qui, depuis 1466 mĂštres de hauteur, paraĂźt minuscule. Le silence est majestueux ici. Comme seule pollution sonore, un vent qui souffle et quelques corbeaux Ă  la recherche de nourriture.

Soudain, de derriĂšre un rocher, apparaĂźt une locale. Elle devait ĂȘtre ici avant nous et avait sans doute cherchĂ© Ă  s’abriter du vent. Dans un anglais approximatif, elle nous parle du Buarbreen et des aventuriers allemands qui, il y a un siĂšcle, se lançaient comme dĂ©fi sa traversĂ©e en autonomie. Elle nous explique aussi que leurs exploits ont permis Ă  la ville d’Odda de dĂ©velopper ses activitĂ©s touristiques, aujourd’hui majoritairement tournĂ©es autour du Trolltunga. Enfin, elle nous Ă©voque le chalet dans lequel elle a passĂ© la nuit. Il s’agit du chalet de Mosdalsbu, tenu par le DNT (Ă©quivalent de la FFR Ă  n NorvĂšge). IntriguĂ©s par cette derniĂšre information, nous reprenons la route en direction de ce fameux chalet qui se trouve ĂȘtre sur notre route.

Nous y arrivons en dĂ©but d’aprĂšs midi. Le chalet de Mosdalsbu est situĂ© au bord du lac Mosdalsvatnet. Il est entiĂšrement auto gĂ©rĂ©. Autrement dit, pas de rĂ©servation, pas de rĂ©ception, pas d’électricitĂ©, pas d’eau courante (la lampe que l’on aperçoit sur la photographie du chalet est branchĂ©e sur un panneau photovoltaĂŻque qui ne fonctionne pas). Si l’on souhaite y passer la nuit, il suffit de remplir un formulaire, d’y inscrire son numĂ©ro de carte bancaire, et de glisser le tout dans une boĂźte sĂ©curisĂ©e. Aussi, des vivres sont Ă  disposition. On y trouve principalement de la nourriture en boite, plus facile Ă  conserver. Si l’on en consomme, il faut indiquer chaque consommation dans le fameux formulaire Ă  glisser dans la boĂźte sĂ©curisĂ©e.

Alors que nous comptions nous y installer pour le dĂ©jeuner uniquement, nous y restons finalement toute l’aprĂšs-midi. Le chalet est plus qu’accueillant. En passant le pas de porte, l’odeur du bois avec lequel le chalet est construit s’empare de nos narines. Un rĂ©gal. Le chalet est trĂšs simplement pensĂ© : une seule et grande piĂšce avec 6 couchages en lits superposĂ©s, une grande table, des bancs, un poĂȘle, une cuisine, et quelques rangements. On s’y sent bien.

Pour vivre pleinement l’expĂ©rience, nous partons chercher de l’eau directement au lac pour la cuisine et la vaisselle. Concernant la toilette, une baignade dans une eau qui ne doit pas dĂ©passer les 10 degrĂ©s s’impose. Je partagerai des photos dans un autre billet, interdit aux mineurs.

Nous passons la soirĂ©e Ă  parcourir les livres norvĂ©giens qui sont rangĂ©s sur une Ă©tagĂšre. Nous ne comprenons rien aux textes, mais les photos qui illustrent les pages nous suffisent. Il est 23.30, la bougie qui nous Ă©claire vient de se consumer. Il est temps d’aller dormir.

📅 Jour 3

đŸ„Ÿ 16 kils
🏔 480 D+ / 110 D-
📍 Du refuge de Mosdalsbu au Trolltunga

La nuit que nous venons de passer a probablement Ă©tĂ© la nuit la plus agrĂ©able et reposante depuis le dĂ©but de notre sĂ©jour. Un chalet, un matelas douillet, et surtout, un rĂ©veil au sec. Au top. Le petit dĂ©jeuner reste dans les mĂȘmes standards : du cafĂ©, et un bon muesli probablement laissĂ© ici par des marcheurs de l’est (la liste des ingrĂ©dients est rĂ©digĂ©e en alphabet russe).

MalgrĂ© ce confort encore dont nous ne serions pas privĂ©s pour une seconde nuit, nous devons reprendre la route. Notre petite Ă©tape de la veille implique une marche plus longue pour cette nouvelle journĂ©e. En mettant les pieds dehors, nous faisons face Ă  une Ă©norme vague de brume qui provient de la condensation de l’eau du lac. Si la visibilitĂ© Ă  la sortie du chalet est trĂšs limitĂ©e, elle s’amĂ©liore largement aprĂšs une bonne centaine de mĂštres de D+.

Les paysages que nous croisons sont peu variĂ©s et restent principalement rocailleux. Il y a plusieurs lacs, aux eaux parfois aussi transparentes que les eaux des CaraĂŻbes. Nous croisons aussi un couple de suisses allemands, forts sympathiques. Et sans le savoir, nos quelques Ă©changes Ă  propos de nos origines, de la rando, ou encore de la maniĂšre dont nous avons prĂ©parĂ© notre sac, nous rendra bien service quand il s’agira de regagner Odda.

Vers midi, nous dĂ©cidons de nous arrĂȘter au bord du lac Langavatnet. Une pseudo vestige de cabane trĂŽne sur une colline qui surplombe le lac. Un parfait endroit pour dĂ©jeuner. Nous comprenons rapidement que le lac est en partie artificiel puisqu’un barrage se trouve Ă  quelques mĂštres de nous. NĂ©anmoins, le spot reste trĂšs paisible et franchement agrĂ©able. Le vue sur le lac, accompagnĂ©e d’un silence dont les Ă©glises seraient jalouses, permet d’apprĂ©cier pleinement cette pause majestueuse.

Nous reprenons la marche le ventre plein, ce qui clairement, fait du bien. La chaleur est revenue, la sueur aussi. Nous reprenons un peu de dénivelé, à travers diverses masses rocheuses et plateau de toundra. Pas désagréable en soi.

Nos atteignons le Trolltunga en fin de journĂ©e. Sur place, nous sentons dĂ©jĂ  la ferveur touristique. En l’espace de quelques minutes, nous croisons plus de personnes que sur les trois derniers jours. Nous prenons le soin de trouver le parfait emplacement pour installer notre camp. Face au fjord bien Ă©videmment, mais Ă  50 mĂštres d’autres marcheurs venus passĂ©s la soirĂ©e. Le Trolltunga est, rappelons-le, l’un des lieux les plus photographiĂ©s et photogĂ©niques de toute la Scandinavie. MalgrĂ© la beautĂ© du paysage, la rĂ©putation du Trolltunga implique quelques compromis : un bivouac qui n’est finalement pas aussi sauvage qu’espĂ©rĂ©, des voisins dont les enceintes balancent de la techno un peu contre nature, ou quelques dĂ©chets qui nous rappellent qu’il est parfois plus compliquĂ© de transporter son paquet de cigarettes vide jusqu’à la poubelle plutĂŽt que de le laisser tomber au sol…

En journĂ©e, nous avons entendu dire qu’il Ă©tait parfois nĂ©cessaire d’attendre dans une queue de 2 heures pour prendre 30 secondes de pose en vue d’alimenter son fil Instagram. En soirĂ©e, c’est diffĂ©rent. Les 2 heures se transforment en 10 minutes. Toutefois, le rĂ©sultat reste le mĂȘme. Des photos parfois dĂ©lirantes sur ce fameux rocher qui, quoi qu’on en dise, demeure magique.

Il est maintenant un peu plus de 21.00. Pour la derniùre fois en Norvùge, nous observons le coucher de soleil. C’est beau. Mais maintenant il fait froid, il s’agirait d’aller se coucher.

📅 Jour 4

đŸ„Ÿ 14 kils
🏔 100 D+ / 745 D-
📍 Du Trolltunga au parking du lac Vetlavatnet

La nuit a Ă©tĂ© fraĂźche et mouvementĂ©e. Nos voisins passionnĂ©s de musique techno ont dansĂ© comme des dieux jusque bout de la nuit. Ou plutĂŽt jusqu’au moment oĂč Jeanne s’est levĂ©e pour aller gueuler. Il est quand mĂȘme triste de voyager Ă  l’autre bout du monde, de s’installer face Ă  un paysage aussi pur, pour Ă©couter la mĂȘme musique que celle jouĂ©e dans la discothĂšque ringarde de chez soi…

Enfin bref, il est presque 10.00 quand, pour la derniĂšre fois, nous plions notre camp. Petite larme aux yeux. Nous reprenons la route en direction du parking du lac Vetlavatnet, oĂč nous pourrons (1) prendre un bus pour rentrer Ă  Odda, ou (2) faire du stop si nous trouvons des Ăąmes charitables.

Avant de quitter dĂ©finitivement les lieux, nous nous arrĂȘtons Ă  nouveau au rocher du Trolltunga. Il est cette fois 10.00. La fameuse queue de 2 heures commence Ă  se former. Au loin, sur le sentier que nous allons emprunter pour rentrer, on peut apercevoir des dizaines et dizaines de touristes marchant en fil indienne. Tous les Ăąges, tous les genres, et toutes les nationalitĂ©s sont prĂ©sentes. Au total, on compte facilement une centaine de touristes, et peut ĂȘtre dĂ©jĂ  une bonne demie heure de queue pour la photo, soit trois fois plus long que nos 10 minutes d’attente la veille…

Le chemin du retour est assez simple. Majoritairement en D-, nous ne mettons que 3 heures pour atteindre le parking. Sur une bonne partie du sentier, nous longeons le lac Ringedalsvatnet. D’ici, le lac doit se situer Ă  un peu moins d’un kil de hauteur. Entre la brume qui peine Ă  se lever et le soleil qui vient Ă©clairer l’ensemble de la vallĂ©e, le paysage reste fidĂšle aux paysages que l’on a rencontrĂ© jusqu’ici.

Aussi, il est plutĂŽt distrayant d’observer les touristes que l’on croise, et qui ont probablement choisi de faire l’aller-retour dans la journĂ©e. Certains sont en tongs, sans eau ni nourriture (la meilleure solution pour marcher 28 kils en une journĂ©e, sans aucun doute), d’autres sont en tenue de trails. Certains sont locaux, d’autres viennent d’Asie, comme ce groupe de tour operator japonais qui s’arrĂȘte tous les 500 mĂštres, pour une pause biscuits et chants traditionnels. Le contraste est surprenant.

Nous arrivons au parking en dĂ©but d’aprĂšs-midi. Nos premiers regards se portent sur ce couple de suisses que nous avions rencontrĂ© quelques jours auparavant. Lors de notre conversation, ils nous avaient indiquĂ© ĂȘtre venus en voiture. Nous avons ainsi posĂ© l’équation suivante : voiture = hitch hike = retour Ă  Odda sans frais. Nous nous dirigeons alors vers eux pour reprendre la conversation lĂ  oĂč nous l’avions laissĂ©. Bingo ! AprĂšs quelques mots sur le Trolltunga et le D- du retour, ils nous proposent de nous dĂ©poser Ă  Odda.

📾 Photographies par Jeanne & Simon

2 commentaires sur « Trolltunga ou « La langue du troll » »

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