Parlons-En ! inaugure son local de campagne

Inauguration du local de Parlons-En !

Les saisons passent, ainsi le ciel qui se couvre d’une humeur luisante. Sur le pavé qui côtoie l’église Saint-Nicolas de Châteaubriant, la pluie remplit les caniveaux. Dans le crépuscule d’un 5 décembre, la lumière des échoppes encore ouvertes sont des sourires qui illuminent la nuit. Parmi elles, la façade vitrée d’une boutique est parcourue de buée. Au 10, rue Joseph-Chapron, de nombreux convives attendent le discours d’inauguration du local de campagne fraîchement investi par les équipes de Parlons-En !

Depuis le printemps 2025, où je me rendis à la réunion publique organisée par le collectif qui se considérait alors comme apolitique, les ambitions ont évolué. Dans une ville tenue depuis 2001 par un maire qui ne démontre nul désir de passation, l’envie de changement continue de grandir. Les équipes de Parlons-En !, menées par un Maxime Hupel au regard débordant d’énergie, poursuivent leurs réflexions. 

Les réponses aux questionnaires distribués au printemps dernier, les échanges constants avec les citoyens de Châteaubriant ainsi que le profond intérêt porté aux préoccupations de ces derniers apportent les ressources nécessaires à la concrétisation d’un mouvement. Si le printemps est propice à la floraison des idées, alors l’été permet l’émancipation de celles-ci. Et, à l’automne, le collectif citoyen se sent prêt à entamer sa mue : la liste Parlons-En ! brigue désormais les prochaines municipales. Le souhait de proposer une alternative davantage « solidaire et humaniste », comme le répètera à maintes reprises Maxime Hupel, reste inchangé. En revanche, le caractère politique gagne en assurance et prend de l’ampleur. 

Un local bondé 

Le local de campagne est bondé. Entre les murs blancs et presque nus qui témoignent de la récente installation du collectif, les bavardages fusent, les rires éclatent. Il règne une agréable ambiance de franche camaraderie. De la trentaine de militants présents, je compte des profils variés. Je reconnais Camille, Yann ou Marine croisés lors de la réunion publique du printemps dernier. Le local accueille aussi des hommes et des femmes de tout âge, des retraités, des actifs et des étudiants. Les professions sont éclectiques : j’aperçois des maraichers, des apiculteurs, des professeurs, des éducateurs spécialisés, des photographes, des spécialistes des mobilités, des membres d’association, des journalistes ou encore des ingénieurs. Il y a des personnes riches et des personnes moins riches, des personnes issues de classes sociales hétérogènes. Mais, ce soir, tous ces convives se réunissent autour d’un projet commun. Les ambitions démocratiques de Parlons-En ! étirent la flamme qui alimente le foyer d’un nouveau cocon d’humanité. 

Les tables poussées contre les murs sont nappées d’amuse-bouches, dont une poignée a été habilement découpée aux proportions de la bulle qui fait le logo de Parlons-En !. Un percolateur contient plusieurs litres de vin chaud et une poignée de bouteilles d’alcool pétillant s’apprêtent à être sabrées. À l’entrée de la salle, un sapin qui annonce les fêtes de fin d’année est décoré au moyen de guirlandes peu ordinaires. Des carrés de papier sont mis à disposition pour que chacun y suspende ses idées. Entre les branches, je peux lire l’envie de faire respecter la loi EGalim qui prévoit que la restauration collective publique se fournisse à concurrence de « 50% avec des produits durables et de qualité (dont 20% de produits bio) ». Je peux aussi lire le désir d’une ville à la vie plus démocratique ou à la circulation routière moins dangereuse. 

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Une verve démocratique 

Au fond de la pièce, les équipes de Parlons-En ! se regroupent autour de Maxime Hupel qui se prépare à prendre la parole. Soudainement, la musique jouée par les enceintes se tait. Un blanc silence s’empare de la foule. 

Le meneur de liste se présente auprès des invités qui ne le connaissent point. Âgé de 41 ans et père de deux enfants, il est collaborateur parlementaire à temps complet et musicien à ses heures perdues. Sa voix chevrotante définit le cadre liminaire de cette soirée. Il se tient face à la foule comme une représentation de l’ambition du renouvellement. Face à la concrétisation d’un projet politique, les responsabilités vont croissantes, la voix de l’homme n’est plus la simple expression de sa propre existence. Chaque terme reflète les actions assidument menées par la liste en vertu de la défense des conditions de leurs potentiels futurs administrés. La peur du vide devient ainsi prégnante.

Puis la voix gagne en assurance. Hupel félicite ses équipes pour l’ouverture de ce local qui a pignon sur rue et qui permettra « d’accueillir les personnes et leurs idées nombreuses ». Parmi ces idées, le candidat à la mairie décline le souhait de « rendre le centre-ville attractif, de tranquilliser la vie des habitants, d’insuffler une nouvelle dynamique aux associations, ou encore de proposer un accès à une culture inclusive ». 

L’assemblée écoute l’orateur d’une oreille attentive. Les regards transpirent une curieuse exaltation que je traduis volontiers par cette profonde envie de changement. La confiance est un sentiment collectif de sécurité indispensable à l’ascension de la liste. Lorsque Hupel martèle qu’il prévoit de « sortir Châteaubriant de ses fonctionnements désuets, de ses réflexes claniques et de son clientélisme pluridisciplinaire », des clameurs enjouées s’élèvent vers le plafond. Tous, autant que nous sommes, souhaitons accorder notre crédit aux espoirs formés par la liste candidate. 

Des personnes rendues à l’inauguration du local, certaines ne connaissaient ni l’édile en lice ni le collectif Parlons-En !. D’autres, à peine. D’autres encore, bien davantage. Quinze semaines avant le scrutin municipal, une graine vient d’être plantée dans le potager politique de ces curieux. Bientôt, elle donnera naissance à une plante nommée confiance. 

Pour conclure sa présentation, Maxime Hupel rêve « d’une ville qui protège, qui respire et qui rassemble ». À ce moment, je ne suis pas surpris. Une vague d’applaudissements rebondit contre les murs et noie les convives dans la délicieuse ferveur politique des premiers jours. 

L’importance des voix

Les applaudissements et murmures enthousiastes s’estompent lorsque Marine, qui prenait déjà la parole lors de la première réunion publique, récupère le micro. Devant une foule toujours à l’écoute, la mère de famille explique que sept commissions ont été créées selon les dynamiques repérées dans les réponses apportées au questionnaire distribué au printemps dernier. « Ces commissions auront vocation à détailler le cœur du programme de Parlons-En ! au moyen de propositions détaillées et concrètes », affirme-t-elle. 

Affichées comme des pancartes publiques sur les murs, des listes encore vierges attendent de recevoir les noms des personnes intéressées par les commissions aux intitulés suivants : 

Marine, de chœur avec Pierrick, rappelle que ces commissions sont ouvertes à tous publics, « même aux enfants », peu importe les connaissances et l’expérience de la vie politique et municipale. En d’autres termes, Parlons-En ! insiste sur sa soif de démocratie et son brûlant désir d’intégrer, dans son processus de réflexion et de décision, les hommes, les femmes et les enfants qui participent à la vie de la cité. 

Je constatai durant la première réunion publique le souhait du mouvement, alors autocaractérisé comme apolitique, sa foncière envie de rendre à la démocratie toute la noblesse de sa définition. Le citoyen, figure représentante des particuliers, des associations ou des entreprises, n’existe pas au travers de l’unique prisme de son bulletin de vote. Au contraire, il est considéré comme un acteur clé des politiques de sa ville. Il est invité à participer à la constitution des programmes qui, demain peut-être, régiront les grandes décisions de Châteaubriant. « C’est comme à Plessé (Loire-Atlantique) », me glisse Félicien, un maraicher qui se tient à mes côtés. 

Plessé, commune de 5 000 habitants localisée dans le pays de Redon, fonctionne sous l’égide d’une démocratie dite participative. Selon les termes de sa maire Aurélie Mézière, il s’agit d’une démocratie qui « gouverne avec les habitants, pas à leur place ». Lors des municipales de 2020, la liste portée par Aurélie Mézière propose de réfléchir, à l’unisson, avec les habitants aux grandes thématiques qui intègreront le programme. La future maire pose une inaltérable question pour orienter la dynamique : « Si vous étiez élu, que feriez-vous pour la commune ? » Ce modèle, qui parait farfelu puisqu’éloigné des conventions, révèle une volonté profonde de remettre l’humain au cœur du système. De surcroit, il démontre que d’autres modèles sont possibles et que la politique qui habite nos systèmes ne constitue pas un système figé. La démocratie pyramidale, véritable vecteur d’usure, laisse place à des idées nouvelles. À Plessé, les voix reprennent toute leur importance. En novembre 2025, le site d’informations Actu.fr relaie que ces démarches participatives ont permis « le terrain de football synthétique, le plan vélo, la création de l’entreprise à but d’emploi dans le cadre du dispositif Territoire Zéro chômeur de longue durée, les distributeurs de protections hygiéniques pour lutter contre la précarité menstruelle ». Demain, les échanges entre Parlons-En !, les Castelbriantais et Castelbriantaises pourraient-ils suivre une dynamique similaire ?

Je reprends le fil du discours lorsqu’une nouvelle salve d’applaudissements précède les détails financiers soulevés par Pierrick. Ce retraité actif au regard investi rapporte que la loi prévoit la possibilité, pour les personnes physiques, de consentir à un prêt à un candidat, ou alors de formuler des dons par ailleurs déductibles de l’impôt à hauteur de 66%. À la suite, Maxime Hupel s’empare du micro pour une dernière fois. La foule, cette fois, lorgne les tables et leurs amuse-bouches. « Place au coup à boire », conclut le potentiel futur édile au travers d’un sourire qui invite à la détente. 

Maxime Hupel et la liste Parlons-En ! de Châteaubriant inaugure son nouveau local de campagne. Photo : Billy Bouse.
Maxime Hupel et la liste Parlons-En ! de Châteaubriant inaugure son nouveau local de campagne. Photo : Billy Bouse.

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